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Violences à N’Djamena entre opposants et forces de l'ordre

 

Lu pour vous

 

Une convocation du président des Transformateurs tourne à une manifestation violemment dispersée par la Police

https://chretiens.info/  10 SEPTEMBRE 2022 par DR YAMINGUÉ BÉTINBAYE

Convoqué par le procureur de la République près le tribunal de grande instance de N’Djaména ce 9 septembre à 8 heures du matin, le président du parti Les Transformateurs s’y rendait accompagné d’une foule de ses militants et sympathisants. Ils sont finalement dispersés par la Police avec une rare violence.

Dans un climat sociopolitique déjà tendu au Tchad et en particulier à cause de la tenue controversée du dialogue national inclusif et souverain (DNIS) initié par les autorités de la transition, Dr Masra Succès, président du parti d’opposition Les Transformateurs est convoqué par le procureur de la République près le tribunal de grande instance de N’Djaména.

Il a laissé un post sur les réseaux sociaux tôt le matin de ce 9 septembre. « Je répondrai présent à la convocation du procureur ce matin. J’irai en marchant et en chantant pour la liberté de mon peuple. (…) Le plus fort nous conduira lui-même dans les sentiers de la justice à cause de son nom, car il est avec nous ». Avant de prendre le départ, il s’est entouré de ses militants et supporters au siège de son parti. Prières, chants populaires, cantiques évangéliques. Puis le cortège s’ébranle en direction du bureau du procureur.

Finalement, ni le président des Transformateurs, ni ses accompagnateurs n’atteindront le bureau du procureur de la République. Les forces de sécurité sont lâchées à leurs trousses. Dr Masra Succès et les siens se sont repliés jusqu’à leur siège. Course-poursuite, tirs de grenades lacrymogènes et même tirs à balles réelles selon certains membres du parti.

Des vitres de maisons sont soufflées. Plusieurs blessés sont dénombrés. Plusieurs autres personnes sont étouffées par le gaz lacrymogène, surtout des filles et des femmes. Comme le weekend dernier, la violence policière s’est installée pendant quelques heures dans le secteur qui abrite le quartier général des Transformateurs, au grand dam des riverains.

Beaucoup de voix se sont élevées dans la classe politique tchadienne pour dénoncer les violences policières sur les manifestants et l’acharnement contre le leader du parti Les Transformateurs. Soit dit en passant, ce parti refuse toujours de participer au dialogue national inclusif et souverain (DNIS). Le Groupe des religieux et des aînés, qui est en pourparlers avec les absents au DNIS, déplore que « les pouvoirs publics se trouvent une fois de plus à la base de ces incidents graves ».

Selon le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Mahamat Ahmad Alhabo, « en date du 4 août 2022, le président du parti Les Transformateurs a fait une déclaration dans laquelle des propos ont été tenus. Le procureur de la République a été instruit pour écouter et clarifier le sens de ses propos et d’en décider, soit classer sans suite l’affaire ou l’envoyer vers un officier de police judiciaire pour dresser un procès-verbal ».

En effet, le procureur de la République, Moussa Wade Djibrine a informé que « des faits pénaux ont été portés à [sa] connaissance. C’est ainsi que le parquet d’instance de N’Djaména a estimé nécessaire de convoquer Monsieur Succès Masra à l’effet de l’écouter sur ces faits ».

Pour le Porte-parole du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), l’ancien parti au pouvoir, Jean-Bernard Padaré, « quel que soit le bien-fondé des motifs de cette convocation, le MPS estime que le moment choisi pour le faire est inopportun, sinon contre-productif. Par conséquent, le MPS invite le gouvernement à plus de sagesse et de retenue en ce moment crucial où les Tchadiens de tous les horizons se retrouvent pour jeter les bases de la refondation du pays ».

Yamingué Bétinbaye
Docteur en géographie

 

Violences à N’Djamena entre opposants et forces de l'ordre

dw.com16h

Par Blaise Dariustone

  

Il était sept heures, heure locale, lorsque Succès Masra décide de prendre la route en direction du Tribunal de grande instance de N’Djamena à la tête d’un cortège de milliers de ses militants.  

Mais très vite, la police est intervenue et a commencé à gazer le cortège, obligeant Succès Masra et ses partisans à regagner le siège du parti. 

Pendant plus deux heures, il était difficile respirer au siège de ce parti, ainsi que dans les concessions voisines, obligeant Succès Masra à lancer un cri d’alarme : "A l’aide, ici Succès Masra, je suis retranché au siège. Ils vont tous nous tuer. Faites passer ce message au secrétaire général des Nations unies et aux partenaires du Tchad. J’étouffe…"

Tentative d’intimidation 

Pour son porte-parole, l’artiste rappeur Ray’s Kyme, il s’agit simplement d’une tentative d’intimidation de l’opposant : 

"C'est une volonté de vouloir s'imposer par les armes. Intimider Succès Masra, faire de telle sorte qu'il n'arrive pas à résister parce que le président du Conseil militaire de transition aurait dit, devant un parterre de

, qu'il fera de son mieux pour mettre hors d'état de nuire tous ceux qui tenteront de se dresser sur son chemin afin de rester au pouvoir aussi longtemps que possible, comme l’a fait son père."

Plusieurs personnes ont été blessées lors de cette intervention des forces de l’ordre, ce que déplore le président de la Ligue tchadienne des droits de l'homme, Boukar Adoum : 

"C'est une scène de violences indescriptible. Nous ne pouvons pas continuer à dialoguer dans la répression aveugle de la population. Nous demandons aux partenaires du Tchad, les Nations unies et l'Union africaine, d'intervenir pour que le gouvernement arrête la répression."

Message ambigu 

Aucun des membres du gouvernement ou encore des autorités judiciaires contactés n’a donné suite à notre demande d'interview.  

Mais lors d’un récent discours, Succès Masra a tenu des propos controversés qui pourraient expliquer la réaction du pouvoir tchadien.  

Celui-ci a ainsi estimé que, "nous subissons encore une énième humiliation dans notre pays parce que nous n’avons pas encore décidé de prendre les armes."

Poursuivant sur ce message ambigu, Succès Masra, dans une référence à Nelson Mandela, a expliqué que celui-ci avait été contraint d’avoir recours aux armes et que son inspiration lui indiquait, que "toutes les options doivent être sur la table".

 

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