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Centrafrique : Paris demande la «libération immédiate» d’un Français détenu pour «espionnage»

 

Par Le Parisien avec AFP Le 16 septembre 2022 à 19h05

Arrêté le 10 mai 2021, Juan-Rémy Quignolot doit être jugé « lors de la prochaine session criminelle en octobre » et risque les travaux forcés à perpétuité.

Paris a demandé ce vendredi la « libération immédiate » de Juan-Rémy Quignolot, Français arrêté il y a seize mois pour possession d’armes de guerre en Centrafrique. Accusé d’« espionnage », ce dernier a entamé une grève de la faim le 11 septembre dernier selon sa sœur, qui avait précisé qu’il cesserait aussi de s’hydrater si rien ne change « d’ici 15 jours ». Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères appelle à sa « libération immédiate (…) dans l’attente de la tenue de son procès ».

« La France est très préoccupée par la situation de notre compatriote M. Juan-Rémy Quignolot, emprisonné en Centrafrique dans le cadre d’une détention provisoire qui dure depuis plus de 16 mois, en violation du droit pénal centrafricain », peut-on lire. Dans un contexte de tensions persistantes entre Paris et Bangui, M. Quignolot, interpellé le 10 mai 2021 à Bangui et notamment accusé « d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État », « complot » et « espionnage », est maintenu en détention provisoire au-delà du délai légal d’un an, selon son avocate Arlette Sombo Dibelé.

Son avocate dénonce une « séquestration »

Dans une prise de parole à l’AFP, son avocate dénonce une « détention provisoire » qui s’apparente à une « séquestration », assurant qu’aucune ordonnance motivée de maintien en détention n’a été notifiée. Du côté de la Centrafrique, le procureur général de la Cour d’appel de Bangui Éric Didier Tambo explique à l’AFP que Juan-Rémy Quignolot, qui risque les travaux forcés à perpétuité, doit être jugé « lors de la prochaine session criminelle en octobre ». Ancien militaire, M. Quignolot avait travaillé ponctuellement pour plusieurs organisations en Centrafrique comme garde du corps, selon des sources humanitaires.

Des photos de son arrestation avaient été diffusées sur les réseaux sociaux, le montrant les mains liées dans le dos, un important arsenal à ses pieds. Paris avait alors dénoncé une « instrumentalisation manifeste » visant « la présence et l’action de la France », accusant implicitement la Russie qui, depuis 2018, défie son influence dans ce pays parmi les plus pauvres du monde. « Notre ambassade et nos services consulaires, à Paris comme à Bangui, sont pleinement mobilisés », a ajouté ce vendredi le Quai d’Orsay, relevant que « plusieurs démarches (avaient) été effectuées auprès des autorités centrafricaines pour que (ses) droits soient respectés ».

 

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