Notre mission, toujours vous informer
Accueil » Société » Centrafrique: les ménages se heurtent durement à la hausse des prix
Centrafrique: les ménages se heurtent durement à la hausse des prix

 

https://www.rfi.fr/ Publié le 18/09/2022 - 04:14 Avec notre envoyé spécial à Bangui, François Mazet

Alors que les leaders politiques centrafricains se déchirent sur le projet de nouvelle constitution, portée par la présidence, beaucoup ont une préoccupation immédiate : la hausse des prix sur les marchés. En 2021, l’inflation était officiellement de 4,3% dans le pays, selon la Banque mondiale. Un taux raisonnable, mais depuis plusieurs mois, l'inflation se ressent bien davantage sur beaucoup de produits de consommation courante.

Dans les ruelles du quartier Lakouanga, commerçants et clients font grise mine. Habiba descend d’une moto-taxi pour partager son désarroi : « Tout a augmenté. La viande, même les petits poissons qu'on appelle ''mort-vivants''. Tout est cher ! Même le manioc ! »

Pur Livia, occupée à tresser une jeune cliente, le prix d’achat des mèches a augmenté de 10%, comme pour tous les produits d'importation : « Surtout l'huile. L'huile, c'est très cher. Maintenant, un litre d'huile s'achète 1 500 francs CFA, alors qu'avant, c'était 700 ou 800 francs CFA. »

La Centrafrique est un pays enclavé et son réseau routier est délabré. Les coûts de transports suivent en conséquence. Commerçant détaillant, Célestin se voit contraint de répercuter les hausses : « C'est par rapport aux grossistes. Eux disent que c'est par rapport aux tracasseries routières, à la douane... Prenons l'exemple de l'huile : le bidon de 25 litres était à 35 000 francs CFA en début de semaine, maintenant il est à 42 000 francs CFA. »

Conséquence : avec des salaires qui stagnent, beaucoup doivent se restreindre. C'est le cas de Raphaël, qui a quatre enfants et ses neveux à charge : « Nous vivons un calvaire qui ne dit pas son nom. Dans chaque foyer, les gens s'arrangent pour ne manger qu'une fois. Puisqu'on ne mange qu'un fois, à partir de 15 heures, tout le monde doit être là. Ceux qui ne sont pas là n'ont pas le droit au plat. »

Et à l’aube de la rentrée des classes, les fournitures scolaires constituent un poids supplémentaire sur des bourses souvent creux.

0 commentaire

Soyez la première personne à vous exprimer !

Mon commentaire

Dans la même catégorie
Une semaine après l’arrestation de Vianney Semdiro, la Cour pénale spéciale (CPS) a publié, ce vendredi 30 septembre 2022, un communiqué pour a » ...la suite
La Minusca a remis ce mercredi 28 septembre à la Mairie du 8ème arrondissement, un bâtiment construit à hauteur de 22 millions de francs CFA. Ces » ...la suite
Plus de 80 000 personnes sont affectées par les inondations depuis le mois de juin, selon OCHA, le département des Nations unies qui coordonne les a » ...la suite
Après plus d’un an de détention à Bangui, la justice centrafricaine a remis en liberté provisoire, ce 28 septembre 2022, le ressortissant franç » ...la suite
A la veille de la rentrée scolaire, les sinistrés des quartiers affectés par les inondations et qui occupent les établissements scolaires, ne save » ...la suite
L’inquiétude monte à Goya dans la préfecture de la Ouaka. A l’origine, l’annonce, lundi dernier, du retrait du contingent mauritanien de la M » ...la suite
Ouverte le lundi 19 septembre à New-York aux Etats-Unis, la 77ème Assemblée générale ordinaire de l’ONU a vu la participation de plusieurs chef » ...la suite
En République centrafricaine, les tribunaux sont à l'arrêt suite à un mouvement de grève des avocats qui protestent contre les atteintes à l'ind » ...la suite
En République centrafricaine, les tribunaux sont à l'arrêt suite à un mouvement de grève des avocats qui protestent contre les atteintes à l'ind » ...la suite
Le corps judicaire est passé à la vitesse supérieure après les multiples attaques dont il a fait l’objet de la part des mouvements proches du po » ...la suite