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Un conflit entre éleveurs et agriculteurs fait des victimes au Tchad

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dw.com

Au Tchad, au moins 18 personnes sont mortes dans le sud-est dans des affrontements entre éleveurs et agriculteurs.

Outre les morts il y a eu également plusieurs blessés et des dizaines de déplacés. Ces affrontements sont survenus en plein dialogue national en vue d'une réconciliation au Tchad qui se tient à N'Djamena. L'actualité a suscité un débat au sein des participants à ce dialogue mais aucune décision ne semble avoir été prise. 

Ces violences ont éclaté le 13 septembre à la suite du saccage du champ d'un agriculteur par un troupeau de bœufs dans un village du département de Lac Iro. 

Le propriétaire du champ, qui voulait chasser les animaux, aurait été atteint mortellement par balle, déclenchant un affrontement entre les deux communautés. Plusieurs éleveurs armés des campements voisins sont alors venus prêter main-forte et ont chassé les agriculteurs dans quatre villages.

Ngassouma Harou est le président de la Caisse de solidarité et d'entraide des Sara Kaba, les habitants de Lac Iro, une association qui œuvre pour la paix et la cohabitation pacifique, Selon lui " ce n'est plus un conflit agriculteurs-éleveurs mais une planification de destruction de la population autochtone qui est mise en jeu".

Il assure que le bilan est lourd. "Du côté des agriculteurs, à l'heure actuelle nous dénombrons 18 morts et 27 blessés qu'on a pu évacuer dans les centres hospitaliers. Nous avons aussi les disparus qu'on n'a pas encore retrouvés. Aujourd'hui, dans la ville de Kyabé, les enfants et femmes affluent de partout" précise t-il.

Un véritable danger

Cette actualité s'est invitée au dialogue national qui se tient à N'Djamena. Les participants ont interpellé sur ce sujet le président du présidium, natif de la province en conflit, mais sans résultat.

Les armes circulent facilement et les plus grands acquéreurs sont des éleveurs. Cela fait que lorsqu'il y a des affrontements, les morts se comptent par dizaines. C'est regrettable mais tout cela ne dit rien à personne. Ces événements ont été au centre de nos échanges mais le président du présidium a répondu que le gouvernement s'en occupait. Même le porte-parole du gouvernement qui était dans la salle a indiqué que le gouvernement a pris les choses en main et qu'il fallait laisser le gouvernement gérer. Mais ça fait plusieurs jours et le conflit ne fait que se propager et c'est dangereux pour l'avenir du pays'' explique le politologue et enseignant chercheur à l'université de N'Djamena, Evariste Ngarlem Toldé, qui est l'un des participants au dialogue.

Ni le ministre de la Justice ou encore celui de la Communication contactés par la DW n'ont souhaité répondre. 

Les conflits intercommunautaires sont récurrents dans plusieurs provinces au Tchad. En juin dernier, onze autres personnes ont trouvé la mort dans des affrontements communautaires dans la province du Mayo-Kebi Est. Dans un rapport publié en juillet 2021, l'Onu avait affirmé que les affrontements intercommunautaires au Tchad auraient fait 309 morts, 182 blessées et plus de 6.000 déplacés.

 

 

Au moins 19 morts dans le sud du Tchad lors d'affrontements entre agriculteurs et éleveurs

Zone Bourse

Au moins 19 personnes ont été tuées dans une flambée de combats entre éleveurs nomades et agriculteurs sédentaires dans le sud du Tchad la semaine dernière, selon les autorités.

Les conflits intercommunautaires meurtriers sont relativement fréquents au Tchad, principalement entre les éleveurs et les agriculteurs locaux qui les accusent de faire paître les animaux sur leurs terres agricoles.

Le Tchad, puissance régionale et allié de l'Occident contre les militants islamistes en Afrique de l'Ouest, est en proie à des troubles depuis que l'ex-président Idriss Deby a été tué sur la ligne de front contre les rebelles dans le nord l'année dernière.

Les dernières violences ont éclaté dans la région rurale méridionale du Moyen-Chari, à plus de 480 kilomètres (298 miles) de N'Djamena, la capitale du pays d'Afrique centrale.

"Nous regrettons ce conflit qui a fait des dizaines de morts et une vingtaine de blessés", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Abderamane Koulamallah.

Le gouverneur du Moyen-Chari, Ali Ahmat Akhabache, a déclaré plus tôt qu'au moins 19 personnes avaient été tuées et 22 blessées lors de trois jours d'affrontements dans cinq villages la semaine dernière.

Les combats ont commencé après que des agriculteurs appartenant à l'ethnie Sara Kaba ont accusé les éleveurs de détruire leurs cultures de sorgho, selon des témoins. Les villages et les champs ont été incendiés alors que les habitants terrifiés fuyaient dans la brousse environnante.

Koulamallah a déclaré que l'armée avait été déployée pour rétablir l'ordre.

"Nous craignons pour nos vies à chaque instant... Il n'y a aucune sécurité dans les villages isolés", a déclaré à Reuters le fermier Gossassou Njaha.

Des affrontements intercommunautaires similaires dans le Moyen-Chari en février ont fait une douzaine de morts.

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