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Centrafrique: l'opposition toujours vent debout contre le projet de nouvelle Constitution

 

https://www.rfi.fr/ Publié le : 25/09/2022 - 04:40

 

Un meeting du Bloc républicain pour la défense de la Constitution a réuni, samedi 24 septembre, plusieurs milliers de personnes à Bangui, la capitale, selon les chiffres de l'organisation. Ils entendaient défendre la démocratie, malgré la décision de la Cour constitutionnelle invalidant le décret présidentiel de reformer la Constitution. Le rassemblement était autorisé mais a été émaillé de heurts qui ont fait plusieurs blessés, dont un journaliste.

Le mot d'ordre est resté le même. Malgré leur victoire judiciaire, avec l'invalidation du décret présidentiel visant à réformer la Constitution centrafricaine, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) et l'opposition ont exhorté samedi les Centrafricains à rester mobilisés contre les velléités du pouvoir de changer la Constitution. Ephrem Masseo, membre de la plateforme des jeunes leaders de l'opposition, explique :

« Nous continuons toujours d'exhorter les citoyens centrafricains sur ce projet, car si nous voulons qu'il y a une véritable paix dans ce pays, il faut qu'il y ait l'alternance. »

Pour empêcher la tenue du meeting, des jeunes proches du pouvoir ont perturbé la réunion, comme l'explique Alexandre Ferdinand Nguendet, président du Rassemblement pour la République et membre du BRDC : « Ils ont utilisé des cailloux. Même les responsables des milices étaient sur le site. Malgré le fait qu'ils nous ont perturbé, tous les militants se sont déplacés, ça veut dire que les Centrafricains sont déterminés à mettre fin à ce système dictatorial. »

Un membre du gouvernement a démenti tout lien avec les perturbateurs. L'opposition, elle, maintient le cap. Elle engagera la semaine prochaine la Haute cour de justice pour juger le président Faustin-Archange Touadéra pour « haute trahison ». En Centrafrique, les pro-réforme appellent eux à une manifestation, vendredi 30 septembre, pour demander au président Touadéra d'organiser un référendum pour ou contre la nouvelle Constitution.

 

Centrafrique: une pétition lancée pour un référendum constitutionnel

https://www.rfi.fr/ Publié le : 26/09/2022 - 11:48

Une pétition pour un référendum constitutionnel en Centrafrique est lancée ce lundi 26 septembre. C'est une initiative du Front républicain, une organisation citoyenne. Vendredi, la Cour constitutionnelle centrafricaine a en effet annulé des décrets qui devaient mettre en place un comité chargé de rédiger une nouvelle Constitution.

Pour Rodolphe Héritier Doneng, président du Front républicain, le pays a pourtant un besoin urgent de dépoussiérer sa Constitution : « La Constitution de la République centrafricaine est déjà caduque du fait que cette Constitution ne prend pas en compte nos réalités économiques, sociales et environnementales. La Constitution crée des institutions budgétivores, qui consomment toutes les recettes de l’État et empêchent l’État d’investir dans les budgets sociaux tels que l’éducation, la formation des jeunes, la construction des infrastructures. »

« Nous avons jugé aussi que cette Constitution est discriminatoire, estime le président du Front républicain. Cette Constitution interdit aux jeunes de moins de 35 ans d’être candidat à la présidentielle. Moi, je suis le président d’un parti politique, le Front républicain. Aussi, j'ai des ambitions et pourquoi ne pas être candidat aux élections à venir. Aujourd’hui, la Constitution m’interdit, étant jeune adulte de moins de 35 ans, à être candidat aux élections présidentielles. D’autre part, nous avons dit que cette Constitution est rétroactive, du fait que cette Constitution continue de faire appel aux institutions de la transition. Donc, cette Constitution aujourd’hui n’a plus son sens. Il faut une nouvelle Constitution. »

Concernant la limitation des mandats, Rodolphe Héritier Doneng affirme que le processus de réflexion est encore en cours dans le parti : « Dès que nous serons en pleine campagne référendaire, nous allons réfléchir avec nos bases pour définir clairement ce que c’est, parce que jusqu’alors, on ne sait pas si le processus est bon. »

 

 

Lu pour vous

 

 

HEURTS AUTOUR DU PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE EN CENTRAFRIQUE : La RCA danse sur un volcan

 

https://lepays.bf/  La Une du Pays du 26-09-2022

La Cour constitutionnelle centrafricaine a invalidé le décret présidentiel visant à réformer la Constitution en vue de permettre au président Faustin-Archange-Touadéra de briguer un troisième mandat. Mais en dépit de cette victoire, l’opposition reste vent debout contre les velléités du pouvoir de prolonger le bail du locataire du palais présidentiel de Bangui. En effet, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution a sonné la mobilisation, le 24 septembre dernier, qui a réuni des milliers de citoyens, à cet effet. Et l’on ne saurait lui donner tort. Car, malgré la décision de la Cour constitutionnelle, les partisans du président Touadéra ne démordent pas. Pire, ils s’en sont pris aux manifestants et en ont blessés certains. C’est dire si la République centrafricaine (RCA) danse sur un volcan. Et au lieu de faire valoir la force de l’argument, le pouvoir n’a trouvé mieux à faire que de privilégier l’argument de la force.  Attention au réveil des vieux démons ! Car, ces tensions autour d’une réforme constitutionnelle qui est loin de faire l’unanimité de ses compatriotes, n’augurent rien de bon pour la Centrafrique qui revient de loin.  Le moins que l’on puisse dire, c’est que le président centrafricain file du mauvais coton.

 Touadera doit se le tenir pour dit, que ça n’arrive pas qu’aux autres

En effet, non seulement le pays traîne encore de nombreuses rancœurs politiques qui peinent encore à se cicatriser, mais tout porte aussi à croire que bien des Centrafricains sont encore loin d’avoir définitivement tourné la page de la réélection contestée de l’actuel locataire du palais présidentiel. C’est dire si le président Touadera joue avec le feu. Or, il devrait savoir tirer leçon de l’Histoire qui ne manque pourtant pas d’enseignements à cet effet. En attestent les exemples, parmi les plus récents, de l’ex-président burkinabè, Blaise Compaoré, et de l’ex-chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé,  dont les ambitions monarchistes dans leurs pays respectifs, ont été brutalement interrompues par le cours de l’histoire. Et ce, dans l’humiliation la plus totale : celle d’un exil forcé pour le premier, et celle d’un coup d’Etat qui a déposé le second sans que personne ne lève le petit doigt pour le défendre. Et pourtant, ce ne sont pas les soutiens et autres zélateurs opportunistes ou convaincus, qui manquaient à ces hommes forts. C’est pourquoi le président Touadera doit se le tenir pour dit, que ça n’arrive pas qu’aux autres. Car, en s’engageant sur le même chemin tortueux du tripatouillage constitutionnel qui se dessine à l’horizon pour se maintenir au pouvoir, il est non seulement en train d’entraîner son pays sur la pente raide, mais il pourrait aussi en payer le prix fort. La Centrafrique n’a pas besoin de ça. Car, le pays revient de trop loin, notamment avec la sanglante et douloureuse parenthèse de la guerre fratricide entre Selekas et anti-balakas, pour se permettre de réveiller les démons de la division par ce qui ressemble à une danse du scalp sur un volcan.  En tout état de cause, l’histoire a suffisamment montré qu’un dictateur, aussi puissant soit-il, n’est jamais venu à bout d’un peuple déterminé.  Et rien ne dit que le président Touadera fera l’exception.

 

« Le Pays »

 

Centrafrique: la cour constitutionnelle s'oppose à Touadéra

By Dalia Hassan  and AFP 24/09 - 12:31

Un revers juridique pour le président Centrafricain Faustin Archange Touadéra: la Cour constitutionnelle a annulé vendredi des décrets visant à créer un comité chargé de rédiger une nouvelle Constitution. L'opposition avait saisi la cour pour éviter qu'une nouvelle loi fondamentale n'autorise le chef de l'Etat à briguer un troisième mandat.

Emile Bizon, Président du Barreau, insiste sur le fait que la justice se doit d'être indépendante et impartiale: "Le combat que le Barreau mène est celui de garantir l'indépendance de la Justice. Que les juges puissent rendre leurs décisions au regard uniquement de la loi sans aucune pression de part et d'autre."(...) ''Je ne crois pas un seul instant que les autorités publiques puissent prendre le risque d'aller à l'encontre d'une décision de justice, ce serait confirmer ce que nous sommes en train de dire ici, c'est à dire, l'anéantissement du pouvoir judiciaire."  

En mars, Touadéra avait déjà tenté de supprimer la limite de deux mandats présidentiels lors d'un "dialogue républicain". Mais pour la Cour constitutionnelle; l'initiative d'un référendum de révision de la constitution ne peut se faire en violation du serment prêté par Touadéra lors de son investiture.

Dès publication de la décision, une centaine de militants ont manifesté devant la Cour constitutionnelle, pour réclamer la démission des juges; des policiers et des membres de la mission de maintien de la paix de l’ONU en Centrafrique ont été déployés pour assurer la sécurité des magistrats.

 

DÉCLARATION

Centrafricaines, Centrafricains, 

Mes Chers compatriotes, de l’intérieur du pays comme ceux vivant à l’étranger, Je suis le Professeur Gaston Mandata N’Guerekata.

Vous le savez, ce jour 23 septembre 2022, la Cour constitutionnelle a déclaré l’inconstitutionnalité du décret mettant en place le comité chargé de la rédaction d’une nouvelle Constitution, stoppant ainsi les velléités d’une présidence à vie que certains voulaient offrir à M. Faustin Archange Touadera.

Il s’agit d’une décision courageuse, historique, qu’il faut saluer.

Voilà pourquoi je tiens à adresser mes vives et chaleureuses félicitations à l’ensemble des juges de la Cour constitutionnelle qui ont bravé les intimidations, les menaces de mort ainsi que les manœuvres les plus abjectes des nervis à la solde du pouvoir pour dire le droit au nom du peuple centrafricain. Leur professionnalisme et patriotisme seront célébrés par de nombreuses générations à venir. 

Je voudrais tout particulièrement rendre un hommage appuyé à la présidente de la Cour constitutionnelle, le Professeur Danielle Darlan, qui a su trouver les ressources nécessaires pour se dresser contre l’infamie.

J’éprouve un immense respect pour le courage du peuple centrafricain dans son ensemble et des organisations composant les Forces vives de la nation qui ont démontré que la vérité est du côté de ceux qui résistent devant l’injustice et toutes formes d’arbitraires et d’exactions.

 Mes Chers Compatriotes,

 Au-delà des considérations purement juridiques, au-delà de nos préoccupations immédiates, au-delà des soucis qui sont les nôtres, de nombreux Centrafricains aux prises avec les difficultés sociales et économiques s’interrogent. Ils ne comprennent pas que ceux qui dirigent l’État ont décidé, de leur propre chef, de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Je n’y comprends rien, et vous non plus ! Car en décidant de s’engager dans l’aventure et la tricherie de la nouvelle Constitution qui allait abréger les mandats en cours, les tenants du pouvoir ont voulu nous entrainer vers des lendemains incertains.

 C’est dire que la décision de la Cour constitutionnelle traduit une chose que certains parmi nous savaient déjà : notre pays est entre de mains peu expertes, dont l’unique préoccupation est de jouir des privilèges du pouvoir et contre le bien-être des populations.

 En vue de mobiliser toutes nos forces pour la seule cause qui vaille, à savoir le développement de notre pays, et ne plus gaspiller nos énergies à tenter de déjouer les manœuvres des tenants du pouvoir qui n’ont pas encore renoncé à leur forfaiture, nous devons tirer les conséquences éthiques de cette situation : M. Touadera n’a plus vocation à demeurer à la tête de l’État. Il a perdu toute légitimité, se rendant coupable de parjure en raison de la violation de son serment. Dans nos sociétés modernes, ceux qui commettent des peccadilles ou des larcins sont poursuivis et condamnés, à plus forte raison quelqu’un qui méprise les institutions républicaines et le fondement son pouvoir. Enseignant, je crois à la vertu pédagogique de la sanction.

 C’est le sens de l’appel au sursaut patriotique que nous avons lancé le 18 juin dernier. Parce que, et vous le savez, avec ce régime inique qui s’emploie à détruire les acquis démocratiques obtenus de hautes luttes par les Centrafricains, nous avons certes perdu la bataille de l’éthique ainsi que de la morale, mais nous n’avons pas encore perdu la guerre du patriotisme et de la fierté nationale. Notre pays est riche de ses enfants, femmes et hommes, épris de dignité, attachés à l’esprit national. Ces femmes et ces hommes doivent se lever comme un seul corps pour envisager l’avenir dans l’unité retrouvée. Un autre leadership est possible.

 Je lance à nouveau un vibrant appel à l’unité et à la mobilisation de toutes les forces positives pour exiger la mise en place des institutions véritablement républicaines.

 Vive la République centrafricaine éternelle ; Vive l’unité nationale.

 Je vous remercie.

 Fait le 23 septembre 2022

Pr. Gaston Mandata N’Guerekata

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