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Devant la CPI, l'ex-commandant de la Seleka Mahamat Saïd Abdel Kani plaide non coupable

 

https://www.rfi.fr/ Publié le : 26/09/2022 - 20:52  Avec notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas

L’ex-commandant de la Seleka est accusé de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, commis entre avril et août 2013. À l’époque, il dirigeait l’Office central de répression du banditisme à Bangui où de nombreux détenus auraient été torturés.

Debout face aux trois juges, Mahamat Saïd Abdel Kani a plaidé « non coupable » des sept chefs d’inculpation avant de laisser la parole au procureur. L’accusation a détaillé son dossier. Le rôle d’intermédiaire de Mahamat Saïd, qui répercutait les ordres émis par le chef Nourredine Adam aux miliciens présents à l’Office central de répression du banditisme (OCRB). Les détenus y étaient enfermés dans des conditions effroyables, souvent battus et parfois torturés. Ils étaient tous ciblés pour leur soutien supposé au président renversé François Bozizé

Pour le procureur Karim Khan, ces actes font partie d’un plan plus large destiné à conserver le pouvoir.  « Les charges d’emprisonnement, de persécution, de torture sont les conséquences d'actes répétés. C'est une violence ancrée entre les anti-balaka et la Selekaa déclaré Karim Khan. C'est une tragédie de tant de pays et c'est certainement la tragédie de la République centrafricaine, que ces groupes focalisés pour le pouvoir et non pour l'intérêt du peuple qui, bien trop souvent, a été rattrapé ou pris pour cible et a souffert, comme un pion dans un jeu plus large. »

Les représentants des victimes admises au dossier ont ensuite pris la parole. Une vingtaine de victimes sont enregistrées dans cette affaire. Elles ont connu les cellules et le cachot de l’OCRB, les coups de matraques et pour certaines, l’arbatachar, une méthode de torture approuvée par Mahamat Saïd, selon l’accusation. L’avocate du bureau de représentation des victimes à la Cour a, elle, décrit les séquelles, les handicaps et les cauchemars qui les hantent depuis presque 10 ans. 

Maître Sarah Pellet a aussi évoqué les entraves à la reconstruction. « Outre les séquelles physiques et psychiques, toutes ont besoin de comprendre les raisons de ces traitements inhumains pour essayer de reconstruire leur vie sur de meilleures bases et tenter d’oublier, même si le climat sécuritaire qui prévaut aujourd’hui en Centrafrique ne participe pas à leur bien-être quotidien. En effet, leurs bourreaux d’antan ont été incorporés soit au sein de l’armée, de la gendarmerie et de la police, ou continuent d’occuper de hautes fonctions au sein de l’administration centrafricaine ». « C’est le prix de la paix », aurait dit l’une de ces victimes. 

Si au terme de ce procès, l’accusé est reconnu coupable par les juges, elles pourront demander des réparations. Mais il faudra encore plusieurs années avant que la procédure soit close. En attendant, la parole est désormais à la défense, après quoi, l’accusation pourra appeler à la barre son premier témoin.

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