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Des tirs entendus à Ouagadougou : mutinerie ou tentative de coup d’Etat au Burkina Faso ?

Lu pour vous

 

Le Monde

Des militaires se sont déployés dans la nuit de jeudi dans la capitale burkinabée, bloquant des axes stratégiques.

La tension monte à Ouagadougou. Plusieurs sources locales contactées par Le Monde ont fait état de « tirs à l’arme lourde » dans la nuit du jeudi au vendredi 30 septembre, à l’intérieur du camp militaire Baba Sy, situé au sud de la capitale du Burkina Faso, à proximité de Kosyam, le palais présidentiel, occupé par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba depuis le coup d’Etat du 23 janvier.

Vendredi matin, l’accès au palais était bloqué par « des militaires lourdement armés ». D’autres axes stratégiques, tels que le rond-point des Nations unies menant à la primature et situé en plein cœur du centre-ville, étaient aussi verrouillés. Le signal de la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB) a quant à lui cessé d’émettre et l’accès à ses locaux a été bloqué par des militaires. L’ambassade de France, l’Union européenne et d’autres pays tels que la Belgique ont donné instruction à leur personnel de rester chez eux.

Rumeurs de bruit de bottes

Dans l’attente d’une déclaration officielle permettant d’éclaircir la situation, les Burkinabés s’interrogent : s’agit-il d’une tentative de coup d’Etat ou d’un mouvement d’humeur des soldats ? Depuis l’attaque d’un convoi de ravitaillement escorté par l’armée lundi 26 septembre à Gaskindé, au nord, au cours duquel au moins 11 militaires ont été tués et une cinquantaine de civils ont disparu, les rumeurs de bruit de bottes ont monté.

Depuis 2015, les groupes djihadistes affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ou à l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) ne cessent d’étendre leur emprise au Burkina Faso. Leurs attaques contre des cibles, tant militaires que civiles, ont fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de quelque deux millions de personnes.

Pour justifier leur coup d’Etat du 23 janvier, les putschistes avaient dénoncé l’absence de résultat en matière de lutte antiterroriste du président Roch Marc Christian Kaboré, qu’ils ont renversé. Le nouvel homme fort du Burkina Faso, le lieutenant-colonel Damiba, avait alors promis de faire de la lutte contre les groupes djihadistes une priorité. Mais les attaques se sont poursuivies à un rythme effréné. « Est-ce encore cette incapacité à combattre les terroristes qui fera chuter le président ? », s’interroge un Burkinabé joint par Le Monde. Pour l’heure, la situation reste confuse.

 

Burkina–Toute comme Goïta, Damiba se tourne vers la Russie

 

By Kossi Kone September 26, 2022

 

Au rang des nombreuses rencontres parallèles à la 77ème Session de l’ONU, il faut relever celle intervenue entre le Président burkinabé, le Lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba et le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov au siège de l’institution onusienne. Damiba est-il en train d’emboîter le pas du malien Assimi Goïta qui ne cache son rapprochement stratégique avec la Russie ?

Le siège de l’ONU a accueilli ce 25 Septembre 2022 une rencontre d’échanges entre Sergei Lavrov et le Chef d’Etat burkinabé. Du côté de la présidence du pays des hommes intègre, on indique qu’il s’agit d’une rencontre qui s’inscrit dans les consultations bilatérales tenues par le Burkina avec divers partenaires sur les sujets d’intérêt commun. Il est précisé que la longue période de coopération entre les deux Etats, vieille de près de 50 ans, mérite d’être consolidée.

Mais il n’est pas difficile de comprendre que le problème majeur et actuel des autorités du Faso, est celui de la sécurité face aux récurrents assauts terroristes contre leur territoire. Dès lors, ce sujet devrait être au cœur des discussions entre les russes et les burkinabés. Il y a quelques semaines, le Lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba était chez son homologue malien Assimi Goïta dont le pays est confronté au même enjeux du terrorisme. Ce dernier ne cache plus d’ailleurs ses « bonnes relations » et la coopération militaire avec les russes pour contrer les groupes terroristes.

Il semble par-ailleurs que le Burkina-Faso soit obligé de revoir ses partenariats militaires puisque le G5 Sahel mis en place pour endiguer le phénomène du terrorisme au Burkina, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad, est mis à mal par le retrait du Mali. En outre, les distances prises par les autorités maliennes d’avec la France, qui dirigeait le cœur des opérations militaires dans ce cadre, sont appréciées et même réclamées par une certaine opinion au Burkina-Faso. Au grand dam de la France, voici une de ses anciennes colonies qui se trouve contrainte de faire confiance à la Russie en espérant plus d’efficacité dans la sécurisation de son territoire.

Barth K.

 

 

Putsch au Burkina Faso ? L’armée de nouveau dans la rue ce vendredi

maville.com

D’intenses fusillades ont retenti vendredi 30 septembre au matin à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, en provenance du principal camp militaire de la ville et de certains quartiers résidentiels.

La situation est extrêmement confuse depuis l’aube dans la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou, où des tirs ont été entendus, notamment près d’un des grands camps militaires de la ville.

Cette situation volatile fait poser plusieurs questions.

Un coup d’État ?

S’agit-il d’un nouveau putsch, le second cette année après celui de janvier ?

Des militaires lourdement armés ont pris d’assaut certains bâtiments officiels et contrôlent des axes stratégiques. La primature serait encerclée. Le signal de la télévision nationale est interrompu.

Le sort du président, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba qui a pris les rênes du Burkina Faso, en janvier dernier est inconnu.

On se souviendra que Damiba a limogé son ministre de la défense, Barthélémy Simporé, et l’a remplacé à ce poste le 12 septembre, assumant ainsi les fonctions de ministre de la défense nationale et des anciens combattants.

Une incursion djihadiste ?

Dans ce pays miné par les violences djihadistes, une attaque directe d’éléments d’un groupe armé terroristes n’est pas impossible. Rien, cependant, n’indique que ce scénario est le bon. Pourtant, les GAT (Groupes armés terroristes) sont en mesure de lancer des attaques d’envergure.

Lundi, pour la deuxième fois en ce mois de septembre, une attaque majeure contre un convoi de ravitaillement dans le nord du Burkina Faso a causé la mort d’au moins 11 soldats. Une cinquantaine de civils sont quant à eux portés disparus.

Les groupes djihadistes intensifient leur stratégie d’asphyxie sur les villes du nord et de l’est du pays, détruisant des ponts, établissant des check-points, afin d’isoler les villes et d’affamer les populations. Plus de 40 % du territoire est hors du contrôle de l’État, selon des chiffres officiels.

Moscou en embuscade ?

Y aurait-il une main russe derrière les événements de ce matin ? On sait que la Russie tente de s’implanter dans le pays, copiant ce qui se fait en RCA et au Mali. Des vols d’avions russes ont été signalés ces derniers jours et des rumeurs ont fait état de la présence de représentants de la SMP russe Wagner.

Le directeur général de la Communauté des officiers pour la sécurité internationale (la COSI), Alexandre Ivanov, avait d’ailleurs ouvertement fait une offre de service le 25 janvier. La COSI déploie des centaines d’instructeurs russes en RCA et elle se disait prête à partager l’expérience acquise en RCA […] afin de constituer une armée prête à combattre et à maîtriser la situation sécuritaire en peu de temps.

Ivanov dans son communiqué rappelait que des officiers de l’armée ont exigé les ressources nécessaires pour combattre les militants. Seraient-ce ces mêmes officiers qui ont pris les armes ce matin et sont descendus dans la rue ?

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