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Trois ONG dénoncent « un élevage d’exportation bas de gamme » pratiqué en France

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https://www.reussir.fr/  Publié le 4 octobre 2022 - Par Valérie Godement avec Nathalie Marchand

 

Le Réseau Action Climat, Oxfam France et Greenpeace France publient aujourd’hui une étude sur les filières poulet de chair, porc et production de lait conventionnel. Une étude qui reproche aux grandes entreprises de l’agroalimentaire de les entraîner dans une course aux bas prix sur les marchés mondiaux alors qu'un rapport du Sénat vient à l'inverse de pointer la perte de compétitivité de la ferme France.

Le business de l’élevage intensif français repose sur un pied d’argile : parier sur l’exportation de produits de très mauvaise qualité dans les pays en développement. C’est ce que montre le rapport que nous publions aujourd’hui avec

@greenpeacefr

et @oxfam_france

Réseau Action Climat

@RACFrance

 

Oct 4 Replying to @RACFrance

Pour les filières des produits laitiers, du porc et du poulet de chair, les industriels rabotent la qualité pour réduire les coûts et exportent les produits notamment vers les pays du Sud, quitte à former une concurrence déloyale avec les produits locaux.

Réseau Action Climat

 

@RACFrance

Oct 4

 

C’est notamment le cas pour les produits issus du lait (lactose et lait en poudre) dont le prix va jusqu’à concurrencer les laits locaux des pays d’Afrique de l’Ouest… avec des prix jusqu’à 66% moins chers.

Cynisme oblige, concernant les filières volaille et porc, la France est championne de l’exportation du bas de gamme… mais importe en retour des produits meilleurs que nous consommons. Vous avez dit souveraineté alimentaire ? Oubliez-ça tout de suite.

 

Alors que s'ouvre le Sommet de l’élevage  trois ONG Le Réseau Action Climat, Oxfam France et Greenpeace France publient l'étude intitulée « Les coulisses de l'élevage d'exportation bas de gamme » conçue par Kokkoo Conseil.

 « Si certaines pratiques d'élevage sont plus vertueuses en France que dans la moyenne des pays européens (celles notamment mises en avant cette semaine à Cournon, ndlr), cela ne doit pas occulter une réalité : une partie de l'élevage français s'intensifie toujours davantage », écrivent les auteurs de l'étude.

« Cette intensification s’explique notamment par le fait que ces filières se positionnent de plus en plus sur le marché mondial en exportant des produits très bas de gamme, alors qu’en parallèle des importations de produits animaux de plus haute gamme viennent combler une demande intérieure française en évolution », affirment les auteurs du rapport, et ce au moment même où le Sénat vient de publier un rapport sur la perte de compétitivité de l'agriculture française et la hausse des importations de produits bas de gamme, notamment pour le poulet.

Alors que les sénateurs déplorent les conséquences néfastes de la stratégie haut de gamme menée par Emmanuel Macron qui freine les exportations françaises, l'étude des ONG s’attèle, elle, à montrer que l’exportation de ces produits d’élevage est dominée par quelques grandes entreprises agroalimentaires aux dimensions internationales. « Une stratégie qui induit une transformation des produits dans des chaînes industrialisées et enferme les acteurs (éleveurs, transformateurs) dans des systèmes intensifs, seuls à même d’être potentiellement compétitifs sur le marché international », écrivent les ONG.

Et vont plus loin : « Pourtant, ces modèles ne sont pas particulièrement rentables pour les opérateurs français, qui réalisent des marges faibles voire sont fragilisés économiquement, comme c’est le cas dans la filière poulet », peut-on encore lire dans l'étude. Or la problématique de la filière poulet française est plutôt de regagner des parts de marché sur la France face aux produits d'importation, comme le souligne le plan de filière.

Effet négatif pour les pays du Sud

Les auteurs de l’étude dénoncent des impacts négatifs en France comme dans les pays du Sud en expliquant que « le principal effet négatif découle de la concurrence féroce que génèrent ces exportations vis-à-vis des filières locales des pays concernés ». Selon eux, les produits étudiés sont issus de filières intensives plus productives que les filières locales des marchés visés et bénéficient d’un avantage comparatif grâce aux subventions publiques (notamment de la Pac) et les différentiels de prix entre produits importés et filières locales sont souvent à imputer à des « tarifs douaniers peu protecteurs ».

Une "déstructuration des filières locales" qui pose aussi des questions éthiques ainsi que sur le bien-être animal, toujours selon le rapport qui pointe notamment la densité des animaux et leur non-accès au plein air, et des questions environnementales (pollutions aux nitrates, émissions d’ammoniacémissions de gaz à effet de serre et déforestation importée avec notamment l’importation de soja pour nourrir les animaux d’élevage sont mises en avant par le rapport).

Un impact sur le modèle socio-économique de l'élevage français

Le rapport met en avant les impacts sur le modèle socio-économique de l’élevage français : « Dans un contexte où le secteur de l’élevage subit de plein fouet différentes crises économiques et climatiques, le nombre d'exploitations diminue. Entre 2010 et 2016, le nombre d’exploitations spécialisées dans l’élevage a baissé de 3 % par an, celui des élevages porcins, volailles et bovins lait a même baissé de 5 % ». Selon le rapport commandité par les ONG cela s’expliquerait notamment par« une concentration et donc un agrandissement des exploitations incité par une mise en concurrence et donc une recherche de compétitivité-prix sur la scène internationale ».

Si les auteurs dénoncent des élevages toujours plus grands, ils mettent toutefois en avant « des élevages laitiers durables plus autonomes, plus petits et mobilisant moins de moyens de production. Par exemple, les élevages laitiers durables du Grand Ouest ont un résultat par actif supérieur de 66 % par rapport à la moyenne des élevages laitiers sur le même territoire ».

Rediriger les aides publiques vers les élevages extensifs

Pour remédier à la situation, le rapport recommande de réorienter les stratégies commerciales des filières, notamment en adoptant au niveau européen une réglementation des frontières à double sens : critères exigeants à l’entrée et critères exigeants pour les exportations. Il suggère de trouver avec les filières concernées de nouveaux débouchés et une meilleure valorisation pour certains coproduits difficilement commercialisables sur le marché européen ou encore de définir avec elles une stratégie qui s’appuie davantage sur le commerce de produits de qualité, qui mette moins de pression sur les coûts de production des éleveurs.

Autre idée : ne pas octroyer de soutiens aux exportations de produits de « dégagement », et en particulier via les aides directes ou indirectes de la Pac. Le rapport souhaite sortir des élevages intensifs et enclencher la transition vers un élevage durable, notamment en redirigeant les aides publiques (Pac) vers les élevages extensifs et en augmentant les aides à l’agriculture biologique, en ajoutant le critère « pâturage » à l’aide aux élevages bovins.

Il préconise de soutenir en particulier les élevages mixtes pour les volailles (chair/œuf) et bovins (viande/lait) et les systèmes de polyculture élevage durables. Le rapport se positionne par ailleurs en faveur de l’interdiction de la publicité pour la viande issue d’élevage intensif, souhaite encourager la consommation de viande sous signe de qualité et rendre obligatoire l’étiquetage du mode d’élevage pour toutes les filières.

 

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