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Centrafrique : la vente illicite du carburant fait craindre une montée d’incendies dans la capitale

https://www.radiondekeluka.org/ jeudi 13 octobre 2022 10:55

Face à la pénurie du carburant qui s’accentue en République centrafricaine, la vente illicite des hydrocarbures monte en puissance. Les vendeurs et ceux qui habitent les alentours des lieux de stockage sont exposés aux risques d’incendie. Ces derniers temps, plusieurs cas d’incendies, parfois graves, ont été signalés à Bangui voire dans sa périphérie. Un grand danger, selon des spécialistes de la sécurité incendie.

Au PK5, des points de vente de carburant envahissent le secteur. Tout le monde s’adonne à cette activité, bien que conscient du danger auquel l’on s’expose. Conscients des risques encourus, ces revendeurs trouvent une bonne raison dans leur activité. Pour eux, c’est un coup de pouce au profit de la population en cette période de forte crise des hydrocarbures. Des conducteurs, clients, viennent s’en approvisionner.

« Nous faisons ceci pour aider l’Etat »

"Ce que nous faisons, présente beaucoup de risques parce que nous ne sommes pas protégés. Mais, c’est pour nous une manière d’aider le pays. Les stations-services sont fermées. Si ce n’était pas grâce à nous, il y aurait eu déjà des manifestations. Nous faisons ceci pour aider l’Etat, le temps qu’il parvienne à fournir du carburant aux stations-services. Nous évitons de mettre ces carburants dans les rayons de feu. C’est à l’Etat de chercher à nous donner des équipements pour contenir d’éventuels incendies" souligne Abakar Mahamat, un revendeur de carburant.

Comme au Pk 5, le quartier Gobongo dans le 4ème arrondissement de Bangui est l’un des points de vente de ces produits pétroliers. Là aussi, l’on se dit conscient des risques mais s’adonne à ce commerce juteux.

"Nous rencontrons des difficultés en route. Nous payons les différentes taxes. Par exemple, pour un fût, nous payons 10 mille francs à la douane. Là-bas, le fût s’achète à 220.000 frs. En le revendant, nous réalisons juste de petits bénéfices pour subvenir à nos besoins. Certes, il y a un danger à cette activité. Mais, nous plaçons ces hydrocarbures hors de la portée et de la vue des enfants" fait savoir Arnold, un revendeur de carburant.

Depuis le début de l’année, les points de vente de carburant se multiplient dans certains quartiers du 4ème arrondissement. D’où, l’inquiétude de certains notables.

« Il faut barrer la route à cette pratique illicite »

"Vu que nous étions dans un état d’urgence, ça nous rendait service. Mais lorsque cela devient un obstacle, le gouvernement doit barrer la route à cette pratique illicite. Aujourd’hui, avec des cas d’incendie par ci par là, il faut agir. Un autre problème pour nous, la plupart de ces vendeurs sont des personnes qui prennent en location des maisons" lance Etienne Oumba, chef du quartier Gobongo 2.

Face à cette situation inquiétante, les experts tirent la sonnette d’alarme tout en appelant à une prise de responsabilité collective.

"On ne peut pas stocker du carburant chez soi. Parce que lorsqu’il y a un incendie, il y a ce qu’on appelle le pouvoir calorifique. C’est la quantité de chaleur dégagée lors de la combustion de cette même masse qui brûle. Le carburant lorsqu’il brûle, il fait des dégâts. L’incendie, lui, ne reste jamais sur place. Et donc en se propageant, il y a des dégâts collatéraux" prévient Boris Gondamoyen, expert en sécurité et prévention d’incendie.

Avec la crise du carburant que connaît depuis plusieurs mois la République centrafricaine, hommes, femmes et enfants s’activent dans la vente informelle des hydrocarbures. Ces derniers  stockent ces produits inflammables à domicile, en plein quartier, sans aucune mesure contre les incendies.

 

 

Centrafrique : la reprise des classes plombée par l’occupation de certains bâtiments scolaires par des sinistrés à Bangui

https://www.radiondekeluka.org/ jeudi 13 octobre 2022 11:28

Pendant que la rentrée scolaire est déjà effective en République centrafricaine, de nombreuses écoles de Bangui sont encore occupées par des victimes d’inondations. C’est l’exemple des écoles Saint-Jean, Kina, Fatima garçons et Gnawara. Les sinistrés disent attendre de l’aide du gouvernement pour leur permettre de libérer les salles de classe.

A l’école Saint-Jean, située dans le 2ème arrondissement de Bangui, l’inquiétude des élèves et de leurs parents est grande. Sur les six (6) bâtiments que compte l’établissement, quatre (4) sont occupés par les sinistrés. Les responsables de l’école font savoir qu’ils essaient de faire avec les moyens du bord pour rendre effective la reprise des classes.

« Si le gouvernement ne fait rien, ils ne vont pas quitter les lieux »

"Nous sommes obligés de mettre les enfants dans les 4 salles de classe. Nous avons regroupé CI et CP, C1 et CE2, CM1 et CM2 en attendant que les sinistrés quittent l’établissement. Je demanderais au gouvernement de faire quelque chose pour les sinistrés parce qu’ils nous ont dit que si le gouvernement ne fait rien, ils ne vont pas quitter les lieux" a fait savoir à Radio Ndeke Luka, Romaric Djanaiang, directeur de l’école Saint-Jean Garçons.

L’occupation des salles de classe par ces sinistrés, inquiète aussi l’Association des parents d’élèves.

"On leur a demandé de sortir pour laisser la place aux enfants. Mais ils persistent. L’administration les avait autorisés à s’installer, bien sûr, mais les cours ont déjà repris. Il ne faut pas qu’ils handicapent plus de 1000 élèves. J’ai des inquiétudes parce que mes enfants fréquentent cette école" s’est indigné Michel Doli, un parent d’élèves.

La balle est dans le camp du gouvernement

De leur côté, les sinistrés affirment qu’ils manquent de moyens pouvant leur permettre de se relocaliser ailleurs. Ils demandent ainsi l’aide du gouvernement.

« Nous sommes conscients du démarrage des cours. Mais nous attendons le gouvernement pour nous accompagner à quitter » a indiqué Serge, un des sinistrés de l’école Kina.

Bernadette, une autre sinistrée, a également les yeux tournés vers le gouvernement.

"Nous n’avons pas les moyens pour aller nous procurer des logements ailleurs. Trouver du travail pour nous occuper de nos familles devient difficile. C’est pourquoi, nous avons les yeux tournés vers le gouvernement" a-t-elle fait savoir. 

Au ministère de l’Action humanitaire, un proche collaborateur de la ministre a indiqué au reporter de Radio Ndeke Luka que des mesures sont en cours afin de secourir les déplacés et leur permettre de quitter les salles de classe. Cependant, aucune précision n’a été donnée sur la nature de ces mesures ni sur le calendrier de mise en œuvre.

 

 

Centrafrique : le service de traumatologie de l’hôpital communautaire de Bangui, débordé

https://www.radiondekeluka.org/ jeudi 13 octobre 2022 11:15

Alors que le taux d’accidents de la circulation inquiète dans la capitale, la République centrafricaine ne dispose que d’un seul service public de prise en charge des traumatismes. Le service de traumatologie de l’hôpital communautaire de Bangui accueille mensuellement environ 1.000 malades. Cependant, le personnel et les équipements de travail sont limités. Radio Ndeke Luka s’est rendu dans ce service pour toucher du doigt la réalité.

A l’entrée du service de la traumatologie, comme à l’accoutumée, plus d’une centaine de personnes sont dans la queue. Seulement moins d’une dizaine de patients sont assis sur un banc. Pendant que l’attente est ennuyante, du côté de certains parents de malades, c’est le ras-le-bol.

"C’est depuis ce matin que nous sommes dans la queue. Mon enfant a eu une fracture à la jambe, mais il n’y a rien sur lequel on puisse s’asseoir. Imaginez-vous, un accidenté qui est debout durant plusieurs heures. Cela peut créer encore des complications. Le gouvernement doit faire quelque chose" lance un parent de malade.

Pour le responsable du service, le taux élevé d’accidents de la route entraîne le débordement du service. Ainsi, tous les patients ne peuvent être pris en charge à la fois. En plus d’être submergé, le service est confronté au manque de moyens et de personnels spécialisés.

« On est obligés de gérer de manière informelle »

"Généralement, on a une trentaine de dossiers qu’on présente par jour avec au moins 1.000 malades. Il s’agit, pour la plupart, des traumatismes de tout genre. C’est vraiment compliqué. Mais on est obligés de gérer de manière informelle, puisque c’est depuis 11 ans qu’on demande cet appui. Présentement, le pays n’a qu’un seul chirurgien orthopédiste que je suis" affirme Professeur Jean de Dieu Bertrand Tekpa, chef du service de la traumatologie.

Cette déclaration est certifiée par le directeur du Centre hospitalier universitaire communautaire de Bangui.

« Si l’Etat peut subventionner les soins, ça va beaucoup aider »

"Avec le phénomène de mototaxis, il y a maintenant beaucoup de victimes d’accidents. Sauf que nous n’avons pas d’équipements. Ce qui fait que lorsque les malades arrivent, il y a un souci. Le Centrafricain n’a pas assez d’argent pour payer un implant à 150.000 francs. Si l’Etat peut subventionner les soins, ça va beaucoup aiderdéplore Abel Assaye, directeur du Centre hospitalier universitaire communautaire de Bangui.  

Devant un service qui ne peut répondre à toutes les attentes, la prudence doit être de mise et la circulation régulée. C’est pourquoi, les responsables sanitaires appellent à la responsabilité de la force publique, quant aux surcharges et à la mauvaise conduite.

En 2021, le service de traumatologie du Centre hospitalier universitaire communautaire de Bangui a reçu près de 5.000 patients. Selon les spécialistes de santé, ces chiffres pourraient encore augmenter cette année.

 

 

Centrafrique : plus de 200 maisons écroulées et des centaines de sans-abris à Ndangala au Sud de Bangui

https://www.radiondekeluka.org/ samedi 15 octobre 2022 14:34

Les inondations continuent de faire des victimes en République centrafricaine. Au village Ndangala, situé à environ 30 kilomètres au Sud de Bangui sur la route de Mbaïki, plusieurs maisons se sont écroulées et des centaines de familles se sont retrouvées sans abris à la suite  d’une pluie diluvienne. Vu l’ampleur des catastrophes et les conditions dans lesquelles vivent les sinistrés, les autorités locales appellent à l’aide.

Les pluies diluviennes des 05 et 06 octobre dernier ont mis des familles dans la détresse au village Ndangala. Plus de 200 maisons se sont écroulées et environ 250 familles se sont retrouvées dans des familles d’accueil. Ces personnes vivent dans des conditions précaires. Observant avec désespoir ce décor engendré par les eaux, toutes les victimes ont les yeux tournés vers les autorités de Bangui. 

« Nous passons la nuit à ciel ouvert »

"Nous sommes maintenant sans abri et nous avons perdu toutes nos bêtes. Pis encore, la maison s’est écroulée sur nos bagages. Pour l’heure, nous passons la nuit à ciel ouvert, sous les palmiers. Nous demandons au gouvernement de nous venir en aide afin que nos enfants aillent au moins à l’école" se lamente Viviane Kossi, une sinistrée.

Le paludisme inquiète

Conscientes de l’ampleur de la situation, les autorités locales plaident pour une prise en charge sanitaire des sinistrés.

"Après cette catastrophe, les sinistrés font face à de multiples maladies dont le paludisme. Les convulsions sont fréquentes chez les enfants. Certains perdent la vie au cours de leur évacuation sanitaire. Que le gouvernement et les partenaires se soucient de nous car nous sommes aussi des Centrafricains" affirme Armand-Rock Souabiti, chef de groupe du village Ndangala.

Pour l’instant, plusieurs maisons sont encore immergées. Et comme dit un adage, "le malheur des uns fait le bonheur des autres", les cambrioleurs profitent de cette occasion pour s’emparer de quelques biens appartenant aux sinistrés.

C’est dans ce contexte que le bureau de la Coordination des affaires humanitaires en République centrafricaine (Ocha) compte apporter davantage d’aide d’urgence aux sinistrés à travers le pays. Selon cette organisation onusienne, au moins 3 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire d’urgence.

 

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