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Tchad : au moins 30 morts lors des manifestations contre le pouvoir militaire à N'Djamena

 

Mise à jour 20.10.2022 à 17:07  par  TV5MONDE AFP

Le bilan meurtrier des manifestations contre le pouvoir à N'Djamena s'alourdit considérablement et s'élève à une "trentaine" de morts selon le gouvernement. Un premier bilan faisait état d'au moins cinq personnes "tuées par balle" ce jeudi 20 octobre dans la capitale tchadienne dans des affrontements opposant police et manifestants.


13h40 TU : Le président de la Commission de l'UA condamne la répression

Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'Union africaine (UA), a "condamné fermement" la répression des manifestations, appelant "les parties au respect des vies humaines et des biens" et a "privilégier les voies pacifiques pour surmonter la crise", a-t-il réagi sur Twitter. 

Une "trentaine" de personnes, dont une "dizaine" de membres des forces de sécurité, ont été tuées et plusieurs autres blessées jeudi lors d'affrontements à N'Djamena entre police et manifestants, selon le porte-parole du gouvernement tchadien Aziz Mahamat Saleh.

Les manifestants étaient réunis à l'appel de l'opposition tchadienne contre l'extension de la période de transition par le pouvoir du président Mahamat Idriss Déby Itno.

À N'Djamena, la capitale du pays, "les manifestants ont attaqués des édifices publics, le gouvernorat, le siège du parti du Premier ministre, celui du président de l'Assemblée nationale" a-t-il ajouté qualifiant cette manifestation, interdite mercredi par les autorités, d'"insurrection".

Au moins 5 personnes tuées par balles selon l'AFP

Le bilan humain s'est considérablement alourdi. Initialement, un journaliste de l'AFP a vu les cadavres de cinq personnes, dont deux recouvertes du drapeau national et trois de draps blancs ensanglantés, allongées sur le sol de l'hôpital situé dans 7e arrondissement, épicentre des manifestations dans la capitale. Ces cinq personnes ont été "tuées par balle", a précisé à l'AFP le médecin-chef de l'hôpital de l'Union Chagoua, Joseph Ampil.

La Croix-Rouge du Tchad a indiqué avoir déployé "une dizaine d'équipes" dans les arrondissements sous tension de la capitale. "Nous prodiguons les premiers soins et nous acheminons des dizaines de blessés en véhicule jusqu'aux hôpitaux", a déclaré à l'AFP son président, Khalla Ahmat Senoussi.

Sollicitées par l'AFP, les autorités n'avaient pas réagi à la mi-journée.

Condamnation de la France des violences contre les manifestants

La France, par la voix du ministère des Affaires étrangères, a "condamné" les violences. "Des violences sont survenues ce matin au Tchad, avec notamment l'utilisation d'armes létales contre les manifestants, ce que la France condamne", a souligné le Quai d'Orsay, dans un communiqué affirmant que Paris ne joue "aucun rôle dans ces événements".

Ces affrontements se déroulent après la prolongation pour deux ans de la "transition" qui devait s'achever ce jeudi 20 octobre. Mais fin septembre, Mahamat Idriss Déby Itno a finalement été maintenu à la tête de l'Etat jusqu'à des élections libres et démocratiques, censées se tenir à l'issue d'une deuxième période de transition et auxquelles M. Déby pourra se présenter.

Ce maintien, à l'issue d'un Dialogue national inclusif et souverain (DNIS) boycotté par une grande partie de l'opposition, a achevé de braquer les oppositions politiques et armées et embarrasse une communauté internationale qui avait pourtant adoubé M. Déby il y a 18 mois.

Le 20 avril 2021, à l'annonce de la mort du maréchal Déby, tué par des rebelles en se rendant au front, l'armée avait proclamé son fils Mahamat Déby président de la République à la tête d'une junte de 15 généraux, pour une période de transition de 18 mois devant mener à des élections.

Des nuages de fumée noire étaient visibles et des tirs de gaz lacrymogène se faisaient régulièrement entendre dans la capitale ce matin, tandis que des barricades ont été dressées dans plusieurs quartiers de la ville et que des pneus sont brûlés sur les principaux axes routiers, selon les journalistes de l'AFP à N'Djamena.

La manifestation avait été interdite mercredi 19 octobre par les autorités.

"Dialogue de façade"

"Je suis sorti manifester pour dénoncer ce dialogue de façade pour pérenniser un système et réclamer un changement du pouvoir. En 31 ans, on n'a pas vu de changement positif dans notre pays", a déclaré à l'AFP, Abass Mahamat, 35 ans.

Dans le centre de la capitale, les commerces du marché central ont baissé le rideau. "On nous a dit qu'il y a une manifestation dans la ville et je suis venu comme les autres collègues pour rester devant mon magasin pour éviter des pillages", a expliqué à l'AFP, Mahamat Mboudou, les yeux rivés sur son téléphone pour suivre les évènements au sud de la ville.



Dans le 6e arrondissement, fief de l'opposition où est également situé le domicile du Premier ministre Saleh Kebzabo, les rues sont désertes. Des pneus, des troncs d'arbre, des amas de briques, jonchent les rues, a constaté un autre journaliste de l'AFP. Les établissements scolaires et universitaires sont fermés.

Le siège du parti de M. Kebzabo, l'Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), a été pris pour cible par les manifestants et a été "en partie incendié", a indiqué à l'AFP le vice-président du parti, Célestin Topona.

Opposant historique à Idriss Déby Itno, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 30 ans, M. Kebzabo avait rallié il y a 18 mois le gouvernement nommé par la junte militaire dirigée par le fils de l'ancien chef de l'Etat. Il a été nommé à la tête du gouvernement le 12 octobre.

"Ils nous tirent dessus. Ils tuent notre peuple. Les soldats du seul général qui a refusé d'honorer sa parole et aujourd'hui c'est la fin des 18 mois, voilà comment il entend installer la dynastie en tuant le peuple", a déclaré dans un message sur Twitter Succès Masra, l'un des principaux opposants du parti Les Transformateurs, qui avait lancé mercredi un appel à manifester pacifiquement.

 

 

Tchad: plusieurs personnes tuées lors d’une manifestation contre le maintien au pouvoir de Mahamat Déby

https://www.rfi.fr/ Publié le 20/10/2022 - 13:35

De violents heurts ont lieu à Ndjamena et à Moundou, la deuxième ville du pays, entre les forces de l'ordre et des manifestants opposés à la prolongation de la période de transition. Ces heurts ont commencé tôt dans la matinée, ce jeudi 20 octobre. Un calme relatif est revenu dans la capitale, mais la ville n'a pas fini de compter ses morts.

Une « trentaine » de personnes dont une « dizaine » de membres des forces de sécurité ont été tuées, selon le porte-parole du gouvernement tchadien, lors d'affrontements à NDjamena entre police et manifestants contre l'extension de la période de transition politique au Tchad. « Une manifestation interdite s'est transformée en insurrection. Il y a eu une trentaine de morts dont une dizaine d'éléments des forces de l'ordre et plusieurs blessés. Les manifestants ont attaqué des édifices publics, le gouvernorat, le siège du parti du Premier ministre, celui du président de l'Assemblée nationale », a déclaré à l'AFP Aziz Mahamat Saleh.

Plusieurs centaines de personnes sont sorties dans les rues de la capitale ce jeudi matin, même si la manifestation avait été interdite par les autorités. Elles s'opposent au maintien au pouvoir du président de la transition, Mahamat Déby.

Un journaliste tué

Ce matin, de la fumée noire était visible dans la capitale, des pneus ont été brûlés, des barricades érigées. De violents heurts ont été signalés dans plusieurs arrondissements de la ville.

La police est déployée, mais aussi l'armée. Des tirs à balles réelles se font encore entendre, de façon sporadique.

Je condamne fermement la repression des manifestations ayant entrainé mort d'hommes au #Tchad. J'appelle les parties au respect des vies humaines et des biens et à privilegier les voies pacifiques pour surmonter la crise.

— Moussa Faki Mahamat (@AUC_MoussaFaki) October 20, 2022

Dans le neuvième arrondissement, en plus des forces de l'ordre, des hommes en civil à bord de voitures teintées ont été aperçus tirant ont tiré sur des manifestants.

L'heure est plutôt à la recherche des corps, rapporte notre correspondant à Ndjamena, Madjiasra Nako. Les blessés sont acheminés dans les centres de santé qui restent sous très haute surveillance. À l'hôpital de l'Union, par exemple, où on dénombrait au moins 7 cadavres. Des familles, venues chercher les leurs, ont été gazées. Un journaliste a pu, lui, compter au moins 18 cadavres à la morgue de l'Hôpital général de référence national. Parmi les morts, on compte le jeune journaliste Oredjé Narcisse qui travaillait pour radio CEFOD.

Des heurts ont également été signalés à Moundou, la deuxième ville du pays, située dans le sud.

Les miliaires ont tiré à bout portant sur les manifestants. [...] Il y a énormément de blessés par balles.

RICHARD, MILITANT DES DROITS DE L'HOMME À MOUNDOU

Les sièges des partis de l'actuel Premier ministre et de son prédécesseur, l'UNDR et le RNDT Le Réveil, ont été vandalisés.

La France condamne ces violences. Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, Paris évoque notamment l'utilisation d'armes létales contre les manifestants.

#Tchad | Des violences sont survenues ce matin au Tchad, avec notamment l’utilisation d’armes létales contre les manifestants, ce que la France condamne.
Les fausses informations sur une prétendue implication de la France n’ont aucun fondement.

 

Tchad : violents heurts entre la police et les manifestants réclamant le départ de la junte

tv5monde.com 20 OCT 2022 Mise à jour 20.10.2022 à 13:10 par  TV5MONDE

De violents heurts opposent ce jeudi 20 octobre police et manifestants dans la capitale tchadienne N'Djamena. Des centaines de personnes se sont réunies à l'appel de l'opposition après la prolongation par le pouvoir militaire de deux ans de la "transition".

Ces affrontements se déroulent après la prolongation pour deux ans de la "transition" au Tchad qui devait s'achever ce jeudi 20 octobre. Mais fin septembre, Mahamat Idriss Déby Itno a finalement été maintenu président jusqu'à des élections libres et démocratiques, censées se tenir à l'issue d'une deuxième période de transition et auxquelles Mahamat Idriss Déby Itno pourra se présenter.

Le 20 avril 2021, à l'annonce de la mort du maréchal Déby, tué par des rebelles en se rendant au front, l'armée avait proclamé son fils Mahamat Déby, général alors âgé de 37 ans, président de la République à la tête d'une junte de 15 généraux, pour une période de transition de 18 mois devant mener à des élections.

Des nuages de fumée noire sont visibles et des tirs de gaz lacrymogène se font régulièrement entendre, tandis que des barricades ont été dressées dans plusieurs quartiers de la ville et que des pneus sont brûlés sur les principaux axes routiers afin d'obstruer la circulation, selon les journalistes de l'AFP à N'Djamena.

Une manifestation interdite par les autorités

La manifestation avait été interdite par les autorités. « Cette marche vise à créer une insurrection populaire et armée avec l’appui de forces extérieures afin de déstabiliser notre pays », affirmait le gouvernement dans un communiqué. Un correspondant de l'AFP a aperçu un corps recouvert du drapeau tchadien et entouré de plusieurs manifestants sur l'axe principal du quartier Abena, dans le 7e arrondissement de la capitale.

Dans le 6e arrondissement, fief de l'opposition, les rues sont désertes. Des pneus, des troncs d'arbre, des amas de briques, jonchent les rues, a constaté un autre journaliste de l'AFP. Les établissements scolaires et universitaires sont fermés.

"Ils nous tirent dessus. Ils tuent notre peuple. Les soldats du seul général qui a refusé d'honorer sa parole et aujourd’hui c'est la fin des 18 mois, voilà comment il entend installer la dynastie en tuant le peuple", a déclaré dans un message sur Twitter Succès Masra, l'un des principaux opposants du parti Les Transformateurs, qui avait lancé mercredi un appel à manifester pacifiquement.

Le siège du parti de M. Kebzabo, l'Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), a été pris pour cible par les manifestants et a été "en partie incendié", a indiqué à l'AFP le vice-président du parti, Célestin Topona.

Opposant historique à Idriss Déby Itno, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 30 ans, M. Kebzabo avait rallié il y a 18 mois le gouvernement nommé par la junte militaire dirigée par le fils de l'ancien chef de l'Etat. Il a été nommé à la tête du gouvernement le 12 octobre. 

Condamnation de Paris, au moins 5 morts selon l'AFP

Aucun bilan officiel de ces heurts n'a été communiqué pour le moment.
Un journaliste de l'AFP a vu les corps de cinq personnes, dont deux recouvertes du drapeau national, et trois de draps blancs ensanglantés, allongées dans un hôpital dans le  7e arrondissement de N'Djamena, épicentre des manifestations dans la capitale tchadienne.

Ce maintien au pouvoir des militaires, à l'issue d'un Dialogue national inclusif et souverain (DNIS) boycotté par une grande partie de l'opposition, a achevé de braquer les oppositions politiques et armées et embarrasse une communauté internationale qui avait pourtant adoubé M. Déby il y a 18 mois.

Paris a "condamné"  les violences opposant police et manifestants à N'Djamena, où des centaines de personnes sont réunies contre le maintien au pouvoir du président Mahamat Idriss Déby Itno, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

"Des violences sont survenues ce matin au Tchad, avec notamment l'utilisation d'armes létales contre les manifestants, ce que la France condamne", souligne le Quai d'Orsay, qui affirme que Paris ne joue "aucun rôle dans ces évènements".

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