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À la Une: bras de fer au sommet de l’Etat en Centrafrique

REVUE DE PRESSE AFRIQUE

À la Une: bras de fer au sommet de l’Etat en Centrafrique

Publié le 20/10/2022 - 10:16 Par Frédéric Couteau

C'est un bras-de-fer qui oppose le président Faustin-Archange Touadéra et la présidente de la Cour constitutionnelle, Danielle Darlan. Rien ne va plus entre eux, depuis que la Cour constitutionnelle a mis un coup d’arrêt au projet de réforme des institutions porté par le président. Projet qui lui aurait permis de se représenter en 2026. Furieux, Faustin-Archange Touadéra exige le départ de Danièle Darlan. Celle-ci refuse.

Depuis, la tension monte, constate Jeune Afrique. Et l’affaire prend une tournure politique : « un temps tentée de quitter Bangui, où la pression du mouvement pro-Touadéra s’est faite de plus en plus forte, Danielle Darlan a choisi de rester en Centrafrique, où elle bénéficie du soutien de l’opposition, rassemblée au sein du Bloc républicain pour la défense de la Constitution, et d’une partie de la majorité présidentielle, menée par le président de l’Assemblée nationale, Simplice Mathieu Sarandji. »

Un référendum ?

Et Jeune Afrique de s’interroger : « Danielle Darlan peut-elle gagner son bras de fer avec le pouvoir ? Ses soutiens affirment que les dispositions mises en avant par les partisans de son remplacement ne s’appliquent pas à la présidence de la Cour constitutionnelle. »

De son côté, pointe Jeune Afrique, « Faustin-Archange Touadéra pourrait décider de passer outre. Fermement décidé à faire valider sa réforme constitutionnelle, le chef de l’État prévoit toujours de l’imposer en organisant un référendum au début de l’année prochaine. Il jouerait ainsi la carte de la légitimité populaire. Mais plusieurs de ses soutiens estiment malgré tout qu’un avis favorable – et référendaire – d’une Cour constitutionnelle acquise à sa cause serait souhaitable. »

Autisme ?

Conséquence de ce bras-de-fer en Centrafrique, la polémique sur les troisièmes mandats présidentiels repart de plus belle dans la presse ouest-africaine…

Ledjely en Guinée n’en revient pas… « Comment expliquer qu’avec tout le débat que la question du troisième mandat soulève aujourd’hui sur le continent africain, on ait encore des dirigeants qui se laissent tenter par ce danger ? Serait-ce que le président centrafricain ne sait pas que la chute d’Alpha Condé tire son origine de ce fameux troisième mandat ? Ignorerait-il les risques de déstabilisation auxquels Alassane Ouattara a exposé son pays en s’accrochant au pouvoir par le biais du même troisième mandat ? En tout cas, le président Touadéra ne veut rien entendre. Il veut de son troisième mandat et fera en sorte de l’avoir. »

Et Ledjely de poursuivre : « nos problèmes en Afrique se trouvent incarnés dans ce qui se joue (en ce moment) en Centrafrique. Ils ne sont ni la France, ni la Russie. Le premier obstacle à l’essor du continent réside dans cette tendance que nous avons de nous soustraire aux règles que nous avons librement décidé de nous fixer. Et dans le cas de la République centrafricaine, l’autisme du président Touadéra est d’autant plus dommageable que le pays traîne une histoire politique tourmentée, avec des épisodes marqués par des dictatures féroces et des guerres civiles atroces. » 

« Prêt à tout ! »

WakatSéra hausse encore le ton : « 3ème mandat : l’Archange de Bangui pactise avec le diable ! », titre le site d’information burkinabé. « Faustin-Archange Touadéra, prêt à tout pour aller au 3ème mandat et à la présidence à vie, si affinités, n’entend donc reculer devant aucun obstacle ! Même les verrous de la Constitution résisteront difficilement au président centrafricain ! Raison pour laquelle son gouvernement a lancé une fatwa contre la présidente de la Cour constitutionnelle dont il faut saluer la bravoure, elle qui a décidé d’accomplir sa tâche avec courage et dignité, là où nombre de ses homologues auraient choisi de faire la volonté du prince (…) ! »

Les cours constitutionnelles : gardiennes du temple

« On ne peut que dire bravo à Mme Danielle Darlan », renchérit Aujourd’hui  à Ouagadougou. « Bravo pour avoir fait son travail ! Si les Cours constitutionnelles en Afrique sont souvent sources de crises post-électorales, elles sont aussi, et c’est leur rôle régalien, les gardiennes du temple, veillant avec jalousie sur la constitutionnalité des lois et des actes. (…) Il faut de grands juges probes, intraitables, et ayant la Loi fondamentale chevillée au corps, pour exercer ce travail difficile. Danielle Darlan, présidente de la Cour constitutionnelle centrafricaine, conclut Aujourd’hui, est de cette race de magistrats qui ne transige pas avec ce qui est gravé dans le marbre de la Constitution. »

 

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