Notre mission, toujours vous informer
Accueil » Afrique Centrale & la CEMAC » Paris condamne les violences au Tchad contre des manifestants
Paris condamne les violences au Tchad contre des manifestants

 

Par Le Figaro avec AFP Publié le 20/10/2022 à 12:03, mis à jour le 20/10/2022 à 15:23

Paris a «condamné» jeudi 20 octobre les violences opposant police et manifestants à N'Djamena, où des centaines de personnes sont réunies contre le maintien au pouvoir du président Mahamat Idriss Déby Itno, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Une «trentaine» de personnes dont une «dizaine» de membres des forces de sécurité ont été tuées, selon le porte-parole du gouvernement tchadien.

«Une manifestation interdite s'est transformée en insurrection. Il y a eu une trentaine de morts dont une dizaine d'éléments des forces de l'ordre et plusieurs blessés. Les manifestants ont attaqué des édifices publics, le gouvernorat, le siège du parti du Premier ministre, celui du président de l'Assemblée nationale», a déclaré à l'AFP Aziz Mahamat Saleh. «Des violences sont survenues ce matin au Tchad, avec notamment l'utilisation d'armes létales contre les manifestants, ce que la France condamne», souligne le Quai d'Orsay. Paris «ne joue aucun rôle dans ces événements, qui relèvent strictement de la politique intérieure du Tchad. Les fausses informations sur une prétendue implication de la France n'ont aucun fondement», ajoute le ministère.

Prolongation pour deux ans de la transition

Des violences opposaient jeudi matin police et manifestants à N'Djamena où des centaines de personnes sont réunies à l'appel de l'opposition. La crise intervient après la prolongation pour deux ans de la «transition» qui devait s'achever ce jeudi 20 octobre. Mais fin septembre, Mahamat Idriss Déby Itno a finalement été maintenu président jusqu'à des élections démocratiques censées se tenir à l'issue d'une deuxième période de transition. Et auxquelles M. Déby pourra se présenter.

Le 20 avril 2021, à l'annonce de la mort du maréchal Déby, tué par des rebelles en se rendant au front, l'armée avait proclamé son fils Mahamat Déby, général alors âgé de 37 ans, président de la République à la tête d'une junte de 15 généraux, pour une période de transition de 18 mois. Le nouvel homme fort avait conservé le soutien de Paris, pour qui le Tchad est un point important de sa présence en Afrique. La France avait ainsi été pointée du doigt pour y avoir accepté une transition non constitutionnelle, tout en condamnant dans le même temps un putsch au Mali voisin.

La précision du Quai d'Orsay sur son absence de rôle dans les événements de N'Djamena renvoie aussi au sentiment anti-français qui se développe dans la région, alimenté notamment par des intérêts russes. Le Burkina Faso a connu il y a deux semaines son second coup d'État en neuf mois. Des intérêts de la France, dont l'ambassade et deux instituts français, avaient été pris à partie par des manifestants favorables aux putschistes. Paris avait dû se défendre d'accueillir l'ancien homme fort et de l'aider à reconquérir le pouvoir.

0 commentaire

Soyez la première personne à vous exprimer !

Mon commentaire

Dans la même catégorie
Manuela Roka Botey a été nommée Première ministre de Guinée équatoriale et devient la première femme de l’histoire de ce petit pays d’Afriq » ...la suite
Selon la Ligue tchadienne des Droits de l’Homme, au moins 11 civils ont été victimes d’exécution extrajudiciaire dans le lac Tchad. Dans un com » ...la suite
Les informations faisant état de la présence d'une nouvelle rébellion dans le sud du Tchad continuent de susciter des inquiétudes. D'après des » ...la suite
Il faut ouvrir des enquêtes sur les meurtres, la torture, les décès en détention et les détentions illégales d’un régime tchadien que la Fran » ...la suite
Un arbitrage favorable à une filiale du groupe Bolloré dans un litige l'opposant au port camerounais de Douala a été annulé à cause d'un "doute" » ...la suite
L'ONG Human Rights Watch (HRW) dénonce dans un rapport lundi 23 janvier des «meurtres», des «décès en détention», des «disparitions forcées » ...la suite
L’homme d’affaires canado-congolais Lucien Ebata ne mégotait sur les dépenses lorsqu’il s’agissait de soigner ses relations politiques ou di » ...la suite
Il y a trois mois, le 20 octobre, une manifestation de l’opposition, interdite par les autorités, était violemment réprimée. Le soir même, le p » ...la suite
Cette nouvelle mesure s’inscrit dans les différents chantiers du Secrétariat permanent du processus de Kimberley (Snppk) pour la mise en œuvre de » ...la suite
L’affaire révélée ce mercredi par «Libération» dessine les contours d’un système financier occulte autour du pétrole congolais, une manne » ...la suite