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Pipeline Tchad-Cameroun : les droits de transit génèrent plus de 12 milliards au Cameroun en 4 mois

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Pipeline Tchad-Cameroun : les droits de transit génèrent plus de 12 milliards au Cameroun en 4 mois

https://ecomatin.net/ Amina MALLOUM

Les données ont été rendues publiques ce 26 mai dans un communiqué signé par Adolphe Moudiki, Administrateur-Directeur général de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) et Président du Comité de Pilotage et de Suivi des pipelines (Cpsp).

Pour les quatre premiers de l’année 2023, le Cameroun a capté 12,12 milliards au titre de droit de transit, a-t-on appris du Comité de Pilotage et de Suivi des pipelines (Cpsp). Des recettes en hausse de 0,3% en glissement annuel. Elles se sont établies à 12,08milliards. Cette enveloppe correspond à un volume de 15,33 millions de barils de pétrole brut ayant été enlevé au terminal KK1 contre 15,10 millions de barils à la même période l’année dernière.

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Ne possédant pas de façade maritime pour exporter son pétrole vers l’extérieur, le Tchad est obligé de faire recours à son voisin le Cameroun. L’évacuation de l’or noir tchadien par l’oléoduc génère des recettes au titre du droit de transit, et sont reversées à la Cameroon Oil Transportation Company (Cotco), société en charge de l’infrastructure du côté du Cameroun. La gestion de cette infrastructure avait plongé le Cameroun et le Tchad dans une crise diplomatique inédite dans la sous-région.

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Pour le pays de Paul Biya, le pipeline Tchad-Cameroun, constitue une manne importante de recettes. En 2013, le pays a fait passer le taux de transit de 0,41 dollars à 1,30 dollars le baril puis à 1,32 dollars en septembre 2018. Selon les termes de la convention d’établissement signée en 2013, ce taux devra être actualisé en septembre 2023 ce qui permettra au pays d’augmenter ses recettes.

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Pour mémoire, long de 1080 km dont 900 en territoire camerounais, l’oléoduc Tchad-Cameroun opérationnel depuis 2003 est conjointement exploité par Cameroon Oil Transportation Company (Cotco) et par Tchad Oil Transportation Company (Totco).

 

 

Affaire Savannah Energy : les dessous du deal entre le Cameroun et le Tchad

https://ecomatin.net/  24 mai 2023

Le Cameroun et le Tchad sont plus que jamais revenus à de meilleurs sentiments et la crise diplomatique qui se dessinait jusqu’ici s’est clairement désamorcée. Sur la table du dialogue, Yaoundé et N’Djamena ont accepté de faire un ensemble de concessions qui devraient profiter au 2 parties. Au détriment de Savannah Energy ?

« Je pense que les bruits ont été solutionnés, les nuages ombrageux qui semblaient peser dans nos rapports ont été éclairés et le Cameroun et le Tchad voient désormais dans la même direction ». La déclaration du ministre Tchadien secrétaire Général à la Présidence de la République, Gali Ngothe Gatta, au sortir d’une séance de travail au palais de l’Unité à Yaoundé, le 19 mai 2023 laisse clairement entendre que la hache de guerre entre Yaoundé et N’Djaména au sujet du Pipeline a définitivement été enterrée. Le 26 avril dernier, Ferdinand Ngoh Ngoh, porteur d’un pli fermé du Président Paul Biya à son homologue Tchadien, annonçait déjà les prémisses de l’accalmie au lendemain du rappel par N’Djamena de son ambassadeur au Cameroun.  « Toutes les questions ont été abordées et certaines incompréhensions ont à cette occasion été dissipées », avait, pour sa part, confié le secrétaire général de la présidence de la République du Cameroun. Pour en arriver là, les 2 présidences ont dû faire un ensemble de concessions.

*Accord de Yaoundé pour l’acquisition de Pétronas*

D’abord, le Cameroun a accepté de faire sauter le verrou sur l’acquisition par le Tchad des actifs de la compagnie malaisienne Pétronas. Le dossier introduit le 13 février devant les autorités de la concurrence de la Cemac avait jusqu’ici reçu le feu vert de toutes les capitales de la sous-région sauf Yaoundé.  « Le Tchad, dans le cadre de l’acquisition des actifs de Petronas a déposé, en accord avec cette dernière un dossier d’agrément en bonne et due forme comprenant le contrat de cession signé entre le Tchad et Petronas auprès des services en charge de la concurrence de la Cemac, conformément à la règlementation communautaire en vigueur. À ce jour,plus d’un mois après, il revient que seul le Cameroun n’a pas répondu aux lettres de demande d’avis de non-objection adressées par la Cemac à chaque ministre en charge du commerce des pays membres, lettres utiles à la convocation de la commission de concurrence qui devra statuer sur l’acquisition des actifs de Petronas par le Tchad » avait dénoncé la présidence Tchadienne dans un communiqué signé le 20 avril.

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Chose promise chose due. Le 15 mai dernier une décision du président de la Commission de la Cemac, le Daniel Ona Ondo, autorise la compagnie pétrolière publique tchadienne de boucler la reprise des parts de la compagnie malaisienne, la preuve que Yaoundé a tenu son engagement. « Est compatible avec les règles du marché commun au sein de l’Union économique de l’Afrique centrale, l’acquisition de la société Petronas Carigali Chad Exploration & Production inc par la société des hydrocarbures du Tchad(SHT) » peut-on lire dans la décision. En vertu de cette acquisition, N’Djamena détient désormais une part majoritaire dans le système de production et de transport de son brut, soit 60% des parts dans le champ pétrolifère de Doba, 59,82% dans Tchad Oil Transportation Company (Totco), en charge du tronçon tchadien du pipeline (1 070 km) reliant le Tchad au Port de Kribi, et 53,77% dans Cameroon Oil Transportation Company SA (Cotco), en charge du tronçon camerounais de l’oléoduc et de l’infrastructure de stockage située au port de Kribi.

*Gentlemen agreement*

En, contrepartie, renseigne la décision de la commission de la Cemac, le Tchad s’est engagé à céder à la SNH, une partie des participations de la SHT dans Cotco. Ce qui permettra au Cameroun de monter lui également dans l’actionnariat, lui qui pour le moment, ne détient qu’une part minoritaire de 5,17%. Lors du rachat par la SHT des 25 % de Chevron sur l’oléoduc en 2014, le Cameroun avait demandé que le Tchad lui cède une partie. Malgré un accord de principe de l’ancien président Idriss Déby Itno, la partie tchadienne n’avait pas donné suite. Près de dix ans plus tard, et après l’annonce en 2021 de la vente des parts d’ExxonMobil et Petronas au Tchad, le Cameroun était revenu à la charge. L’ancien ministre camerounais Amadou Ali, était parti le 15 avril 2022 pour rencontrer le Président tchadien et lui demander à nouveau que le Tchad accepte de céder à son pays une partie des pourcentages autrefois entre les mains d’ExxonMobil et Petronas. Demande qui est restée lettre morte.

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En s’offrant la possibilité d’avoir plus de voix au sein de l’instance décisionnelle de Cotco, le Cameroun pourra surtout engranger plus de ressources au titre des dividendes.

*Quid de Savannah Energy ?*

La décision de la Commission de la Cemac révèle également un ensemble d’engagements que N’Djamena devra prendre afin d’éviter un contrôle total et anticoncurrentiel sur cette infrastructure malgré sa montée dans le capital. On peut citer notamment l’engagement à maintenir la composition du conseil d’Administration de Cotco à 3 membres au moins et 12 au plus ; l’engagement à laisser les actionnaires minoritaires désigner certains administrateurs ; l’engagement à ne pas faire inscrire à l’ordre du jour des assemblées générales ordinaires des projets de résolutions qui relèvent de la compétence du conseil d’administration et qui portent sur les décisions stratégiques ; l’engagement à ne pas faire échec à l’accès transparent et non discriminatoire des utilisateurs non actionnaires aux capacités de stockage de Cotco disponibles à la location ; l’adoption d‘un plan d’investissement de 5 ans renouvelable…

Toutefois, en aucun cas le document ne mentionne le cas de la société Savannah Energy comme ci le rachat par la junior pétrogazière des 41,06% d’actions du géant américain Exxon Mobil n’avait jamais existé. D’un autre côté, le resserrement des liens d’amitié entre Yaoundé et N’Djamena se présente davantage comme un pied de nez à Savannah Energy qui a signé un accord de principe pour la cession de 10% de ses parts dans Cotco. Autant dire que le feuilleton est loin d’avoir livré tous ses épisodes.

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*Vers une hausse progressive des recettes coté Cameroun*

Outre une hausse des dividendes perçus par l’État en tant qu’actionnaire de Cotco en cas d’augmentation des parts de la SNH dans le capital, le Cameroun va également engranger plus de ressources sur l’oléoduc au titre du droit de transit. L’évacuation du pétrole brut tchadien à travers le pipeline génère en effet des recettes au titre de droit de transit, directement versé par la Cameroon Oil Transportation Company (COTCO) au Trésor public. Depuis le démarrage, les tarifs ont été réajustés. L’avenant à la Convention d’établissement de la Cotco, signé le 29 octobre 2013, a relevé ce taux à 1,30 dollar par baril, contre 0,41 dollar auparavant. L’avenant prévoit l’actualisation de ce taux toutes les cinq années sur la base moyenne des taux d’inflation annuels enregistrés au Cameroun pendant cette période. Sur cette base, le taux du droit de transit a été actualisé le 30 septembre 2018, passant de 1,30 dollar à 1,32 dollar par baril. Ce taux actualisé est appliqué sur les quantités de pétrole brut transitant par le terminal KK1 depuis octobre 2018, et ce jusqu’à septembre 2023, date de la prochaine actualisation du taux.

 

 

Cameroun : le secteur des hydrocarbures contribue à 70% au chiffre d’affaires des entreprises en 2022

EcoMatin  Cindy MBALA

Cette branche d’activité a bénéficié de la conjoncture mondiale liée à la hausse des cours du pétrole et l’appréciation du dollar. De plus 4 autres branches d'activités ont contribué de façon significative à la hausse globale du chiffre d'affaires des entreprises camerounaises sur la période sous revue.

Selon la note de synthèse sur la ‘‘Situation économique et financière des entreprises en 2022’’ produite par l’Institut national de la statistique, le chiffre d’affaires des entreprises du secteur moderne a cru de 8,1% sur cette période. « Le chiffre d’affaires bondit de 17,7% après 9,6% en 2021. Cette évolution est essentiellement imputable aux performances exceptionnelles de cinq (05) branches d’activités.», peut-on lire le document. Il s’agit : du  commerce de gros et de détail, réparation de véhicules; l’extraction des produits des hydrocarbures et d’autres produits énergétiques; des activités financières et d’assurance; de l’activité d’information et de télécommunication, et l’industrie du cacao, du café, du thé et du sucre.

Lire aussi : Hydrocarbures: Dangote Oil Refinery, une alternative pour le traitement du pétrole camerounais?

Le cas particulier de la branche d’extraction des produits des hydrocarbures et d’autres produits énergétiques, on note une hausse du chiffre d’affaires des entreprises  de l’ordre de 69,8%. Une augmentation consécutive à « l’effet cumulé de l’appréciation du dollar et l’envolée des cours du pétrole sur les marchés internationaux, consécutives aux effets économiques du conflit russo-ukrainienne.», renseigne le document.

Le déclenchement du conflit russo-ukrainien au mois de février 2022, a entrainé des perturbations dans les chaines d’approvisionnement à l’échelle internationale. Ainsi s’agissant de l’appréciation du dollar cité supra comme cause de la bonne tenue de la trésorerie des entreprises issues des hydrocarbures celui-ci a affiché une tendance haussière tout le long de l’année. On est quitté d’un taux de change (le cours d’une monnaie par rapport à celui d’une autre monnaie, ndlr) moyen de 1 dollar équivalent à 500 FCFA, à un taux de change allant à plus de 600 Fcfa. Le taux de change le plus élevé durant cette année a été de 623.760 FCFA pour 1 dollar, selon organisation de Coopération et de Développement Économiques (Ocde). Ce contexte de hausse observée sur le billet vert nait des différentes mesures prises par le FED (Réserve fédérale américaine) pour juguler l’inflation aux Etats-Unis.

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Du côté du pétrole, il faut dire que durant l’année 2022, les cours ont connu beaucoup de fluctuations et ont atteint des niveaux très élevés, allant jusqu’à près de 125 $ le baril (75 755 Fcfa). En guise d’exemple, au mois de juin, le Brent s’est vendu à 120 $ le baril (72 725 Fcfa), tandis que  le WTI (West Texas Intermediate) lui se chiffrait à 110 $ le baril (66 665 Fcfa). Il faut noter ici que dès l’invasion de la Russie par l’Ukraine, les cours de pétrole et de bien d’autres matières premières ont directement grimpés.

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Rappelons que la note de synthèse de l’INS, dresse la situation économique et financière des entreprises au Cameroun en 2022, en s’appuyant sur un échantillon de 1 069 Déclarations statistiques et fiscales (DSF) fournies par des entreprises représentatives du tissu économique national et classées par branche d’activités.

 

 

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