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Liesse à Bangui après la démission de Michel Djotodia





par Madjiasra Nako et Paul-Marin Ngoupana

N'DJAMENA/BANGUI 10 janvier 2014 (Reuters) - La démission du président par intérim Michel Djotodia a été accueillie vendredi par des scènes de liesse qui ont rassemblé des milliers de personnes dans les rues de Bangui, la capitale de la Centrafrique.

Le départ de Michel Djotodia et de son Premier ministre, Nicolas Tiangaye, a été annoncé dans un communiqué à l'issue de deux journées d'un sommet extraordinaire à huis clos des dirigeants des pays de la région à N'Djamena, au Tchad.

Le texte ajoute que les négociations pour la désignation d'une nouvelle équipe dirigeante auront lieu en Centrafrique.

Les discussions n'ont trouvé une issue qu'après l'arrivée à N'Djamena des chefs de l'opposition et des 135 membres du Conseil national de transition (CNT) qui fait office de Parlement intérimaire, jeudi soir.

"La France prend acte de cette décision", dit le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

"Il appartient maintenant au Conseil national de transition centrafricain de décider rapidement d'une nouvelle équipe dirigeante", ajoute-t-il dans un communiqué. "La France se tient aux côtés des Centrafricains pour les aider à résoudre durablement la crise que connaît ce pays ami".

Les participants au sommet de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), présidée par le Tchadien Idriss Déby, commençaient à montrer des signes d'impatience face aux réticences de Michel Djotodia à quitter le pouvoir.

"NOUVEAU JOUR"

Selon un accord conclu par les puissances régionales en 2013, le CNT est chargé de choisir un dirigeant de transition qui amènera la République centrafricaine aux élections prévues pour la fin 2014. Le CNT avait élu Michel Djotodia à son poste de président par intérim en avril.

A l'annonce de la démission, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Bangui, chantant, dansant et faisant retentir le klaxon de leur voiture.

Des scènes de joie ont également éclaté à l'aéroport international de Bangui, transformé en camp protégé par l'armée française, dans lequel se trouvent quelque 100.000 réfugiés chrétiens.

Des membres de l'ancienne coalition rebelle Séléka ont tiré des coups de feu en l'air pour se frayer un chemin et quitter les quartiers dans lesquels ils se trouvaient, ont dit des habitants.

"C'est un nouveau jour pour la République centrafricaine. Dieu a entendu nos pleurs et nos prières", a dit Jeanne, 71 ans, une commerçante de Bangui dont le fils a été tué par les rebelles de la Séléka en mars.

La France, agissant sous mandat de l'Onu, a dépêché 1.600 soldats en Centrafrique afin d'aider la Misca, la force africaine qui devrait être portée à 6.000 hommes.

Vendredi soir, après l'entrée en vigueur du couvre-feu à Bangui, les soldats français ont tiré des coups de sommation pour éviter des affrontements entre des combattants de la Séléka et leurs adversaires chrétiens dans le quartier de Miskine, a déclaré Amy Martin, directrice en Centrafrique du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'Onu.

"Les Français ont effectué des tirs de sommation pour tenter de calmer la situation. Il y a eu des tirs pendant une demi-heure, c'est un peu plus calme maintenant", a-t-elle dit.

Des blindés français ont pris position aux abords du palais présidentiel.
Les Européens ont annoncé cette semaine qu'ils étudiaient la possibilité de l'envoi d'un bataillon, soit entre 700 et 1.000 soldats, afin de soulager les efforts consentis par la France dans le cadre de l'opération Sangaris.
Réunis ce vendredi à Bruxelles, les ambassadeurs de l'UE ont accepté dans leurs grandes lignes des propositions destinées à permettre un envoi rapide de troupes.

Ils ont demandé à Catherine Ashton de présenter des propositions plus détaillées la semaine prochaine, afin que les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Huit prennent une décision le 20 janvier, a dit un porte-parole de la haute représentante de l'UE pour la politique étrangère.
La Grande-Bretagne et l'Allemagne ont dit qu'elles n'enverraient de forces au sol tandis que la Belgique a déclaré qu'elle pourrait l'envisager dans le cadre d'une mission européenne.

TUTELLE DE FAIT

Après le renversement du président François Bozizé, Michel Djotodia a peu à peu perdu le contrôle des combattants de la Séléka, majoritairement musulmans.

Les exactions commises par l'ex-Séléka ont conduit à la constitution de milices chrétiennes baptisées anti-Balaka, provoquant des affrontements interethniques qui ont conduit la France à lancer l'opération Sangaris il y a un mois.

Les hommes de la mission Sangaris sont principalement cantonnés à Bangui tandis que les Séléka continuent de contrôler la majeure partie du pays malgré les divisions qui les opposent.

"La République centrafricaine se trouve de fait sous la tutelle du reste de la région", estime Thierry Vircoulon, analyste à l'International Crisis Group. "Le problème est que pour l'instant le reste de la région n'a pas été capable de très bien gérer la transition".

L'instabilité qui touche la RCA, menace de s'étendre à la République démocratique du Congo où un grand nombre d'ex-Séléka ont trouvé refuge, dit la mission de maintien de la paix en RDC.



Avec Emmanuel Braun à Bangui, John Irish à Paris, Daniel Flynn à Dakar et Matthew Mpoke Bigg à Accra; Danielle Rouquié, Pierre Sérisier et Bertrand Boucey pour le service français




Centrafrique dans les rues de Bangui, chants et danses pour le départ de Djotodia


RFI vendredi 10 janvier 2014 à 18:45

Dès l'annonce officielle de la démission du président et du Premier ministre centrafricains, il y a eu de nombreuses réactions dans les rues de Bangui, la capitale de RCA. Dans certains quartiers, des scènes de liesse. Mais dans d'autres quartiers, des lieux de culte ont été saccagés. L'archevêque de Bangui appelle à la réconciliation des communautés.

Des scènes de liesse dans plusieurs quartiers à Bangui. A Boy Rabé, très touché par les exactions des ex-Seleka, dont Michel Djotodia était le chef, un riverain explique que tous les Centrafricains attendaient cette décision. Maintenant que la démission est actée, il ressent un sentiment de paix et de réconciliation.

Marches festives aussi du côté de Bimbo, ou de Pétévo, avec des habitants torse nu qui se promènent avec des feuilles de palmiers, raconte un témoin. Un Banguissois du Plateau-Cattin dit pousser un « ouf » de soulagement.
La crainte de représailles

A côté de la joie, il y a des violences. Des tirs ont retenti dans le quartier Miskine. Une mosquée a été saccagée à Pétévo, selon le deuxième vice-président de la communauté islamique Ahmat Déliris.

Ce dernier estime que le départ de M. Djotodia est le bienvenu, car le peuple a trop souffert. Mais il ajoute craindre des représailles contre les musulmans. Il demande donc aux communautés de s'asseoir autour d'une table.
Un acte de bravoure

Même appel à la réconciliation de monseigneur Dieudonné Nzapalainga, l'archevêque de Bangui. Il souhaite que tout le monde dépose les armes, et décrit cette démission comme un acte de bravoure.

A Bangui, sont attendus les membres du CNT qui étaient à Ndjamena. Selon les textes, la Cour constitutionnelle doit maintenant constater la vacance du pouvoir. Ensuite, Alexandre Ferdinand Nguendet, président du CNT, devra ouvrir dans les 15 jours une session extraordinaire du CNT pour élire un successeur au président démissionnaire.

2 commentaires

Y
Liesse a Bangui car Djotodia est parti comme il y'a eu liesse a Bangui quand Bozize est parti. Comme il y'a eu liesse a Bangui quand les "libérateurs" de Bozize ont déposé Patassé. Liesse à Bangui quand Kolingba a été battu aux élections. Liesse à Bangui quand le "soudard" Bokassa est déposé par son cousin tté battu aux élections. Liesse à Bangui quand le "soudard" Bokassa est déposé par son cousin tout juste sorti des soutes d'avion francais. Enfin liesse à Bangui quand le Bokassa lui même a déposé son cousin Dacko quelques années plus tôt. On danse quelques jours et on pleure le reste du temps en implorant dieu de nous sauver. On attend l'homme providentiel qui descendra du ciel et "developpera" nôtre Centrafrique. Les candidats se bousculent au portillon avec leur plus belle cravate, sourire et veste avec la tête et les poches vides de projets se croyant politicien car ayant été "ministre". Un jour le petit peuple arrêtera d'être en liesse et se grattera la tête et se retournera vers ces "politiciens" et leur demandera des comptes, leur second ou troisième passeport leur sera alors bien utile..... » lire la suite
C
Ce peuple danse le ventre vide.
N'oubliez pas qu'il va demander à manger.
" Ventre affamé n'a point d'oreilles"
L'euphorie passée , il va chercher à savoir qui a fait quoi.
DJOTODIA est au Benin en train de faire le tour de ses chantiers de construction en attendant d'être rattrapé par lanin en train de faire le tour de ses chantiers de construction en attendant d'être rattrapé par la justice internationale.
Il aura fait fortune en 10 mois comme chef d'etat .
Il en va de même pour son son entourage qui part aussi pour profiter de cet argent.
Après avoir voler, piller et spolier il est temps d'en profiter.
Vive mon pays !
» lire la suite

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